LE CAMP DE SANOSIER FRANÇOIS PORTE PLAINTE AU PARQUET DE PORT-AU-PRINCE ET DÉNONCE LA DISPARITION DE DOCUMENTS

PORT-AU-PRINCE, vendredi 16 octobre 2026
La crise interne qui secoue l’Organisation du peuple en lutte (OPL) prend une nouvelle tournure judiciaire. Les représentants du groupe associé à Sanosier François se sont présentés ce vendredi 16 octobre au parquet de Port-au-Prince, accompagnés de leur avocat, Me Eddy-Paul Fleurant, pour engager une démarche judiciaire contre le camp associé à l’ancien député Ketel Jean-Philippe et à Edgar Leblanc Fils.
Selon Sanosier François, qui se présente comme coordonnateur national de l’OPL, cette initiative vise à dénoncer des actes présumés qui perturberaient le fonctionnement du parti, déjà divisé en deux branches rivales se disputant sa gestion et sa représentation.
Des documents et du matériel portés disparus
D’après les déclarations de Sanosier François, une décision de justice aurait été rendue en faveur de son groupe, entraînant la fermeture du local du parti et sa mise sous scellés. Cependant, lorsqu’ils se sont présentés sur les lieux, les membres de son camp auraient constaté que le cadenas avait été ouvert et que plusieurs documents ainsi que d’autres matériels n’étaient plus présents.
Face à cette situation, un juge de paix aurait été sollicité afin de constater les faits et de les consigner dans un procès-verbal.
Sanosier François affirme que les documents concernés sont importants pour le fonctionnement de l’organisation. Il attribue leur disparition au groupe rival. Ces accusations restent toutefois à établir et le camp mis en cause n’a pas présenté sa version des faits dans les informations disponibles.
Une ordonnance judiciaire au cœur du conflit
Accompagné de son avocat, Me Eddy-Paul Fleurant, Sanosier François soutient que son groupe bénéficie d’une ordonnance judiciaire lui accordant des droits concernant la gestion de l’OPL. Selon l’avocat, cette décision n’aurait fait l’objet d’aucune opposition de la partie adverse.
Me Eddy-Paul Fleurant a également évoqué d’éventuelles sanctions en cas de non-respect de la décision judiciaire, mentionnant des peines pouvant aller de trois mois à trois ans d’emprisonnement, ainsi que des obligations de dédommagement et de réparation. L’application de telles sanctions dépend toutefois du fondement juridique de la décision et des faits établis par les autorités compétentes.
L’OPL participera-t-elle aux prochaines élections ?
Au-delà de la bataille judiciaire, une question demeure : l’OPL pourra-t-elle participer aux prochaines échéances électorales malgré ses divisions internes ?
Interrogé sur ce point, Me Eddy-Paul Fleurant a rappelé que l’OPL est un parti à vocation électorale et qu’il entend préserver sa capacité à prendre part aux compétitions politiques.
Concernant l’inscription de la formation auprès du Conseil électoral provisoire (CEP), l’avocat a répondu par l’affirmative. Il a toutefois précisé que les démarches d’enregistrement auraient été effectuées par le groupe associé à Ketel Jean-Philippe et à Edgar Leblanc Fils, pourtant en conflit avec le camp de Sanosier François.
Cette situation soulève des interrogations sur la représentation officielle du parti et sur l’autorité habilitée à prendre des décisions en son nom dans le cadre du processus électoral.
Une clarification attendue
La confrontation entre les deux branches de l’OPL dépasse désormais les désaccords internes et touche directement aux questions de gestion, de représentation légale et de participation électorale.
La portée exacte de la décision judiciaire invoquée, les circonstances entourant l’ouverture du local et la disparition présumée de documents devront être clarifiées. Une réaction du camp de Ketel Jean-Philippe et d’Edgar Leblanc Fils serait également nécessaire pour éclairer les différentes versions de cette affaire.
En attendant, le déplacement effectué ce vendredi 16 octobre au parquet de Port-au-Prince marque une nouvelle étape dans ce conflit, dont l’issue pourrait peser sur la capacité de l’OPL à présenter une position unifiée en vue des prochaines élections.
Rédaction : Sinoïs Francius
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