LA CFR SONNE L’ALARME ET MET ALIX DIDIER FILS-AIMÉ AU PIED DU MUR !

À moins de deux mois du scrutin annoncé pour le 13 décembre, la Coalition des Forces Républicaines réclame un ultime consensus politique, dénonce l’échec du gouvernement et met en garde contre toute prolongation du pouvoir sans accord préalable.
Port-au-Prince, 21 octobre 2026. — Le processus électoral haïtien s’enfonce davantage dans l’incertitude. Face à l’absence, selon elle, de garanties sécuritaires et politiques suffisantes pour organiser des élections crédibles, la Coalition des Forces Républicaines (CFR) hausse le ton et remet en question la capacité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à conduire la transition jusqu’à son terme.
Dans ses prises de position, la coalition dresse un bilan sévère de l’action gouvernementale et appelle les acteurs nationaux à conclure un ultime consensus politique pour sortir le pays de l’impasse. À ses yeux, la promesse d’un retour à l’ordre démocratique, avec une passation du pouvoir prévue le 7 février 2027, est sérieusement compromise.
Un scrutin annoncé, mais des garanties toujours contestées
Pour la CFR, la mission essentielle confiée au chef du gouvernement consistait à rétablir les conditions sécuritaires et politiques nécessaires à la tenue d’élections libres, honnêtes et démocratiques. Or, à l’approche du premier tour annoncé pour le 13 décembre 2026, la coalition estime que les conditions indispensables à la réalisation de cet objectif ne sont toujours pas réunies.
Elle considère cette situation comme un échec au regard des engagements pris dans le cadre du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. La perspective d’une transmission du pouvoir à des dirigeants élus le 7 février 2027 apparaît ainsi de plus en plus incertaine.
La CFR critique également le lancement de la plateforme politique du Premier ministre alors que celui-ci dirige encore le gouvernement chargé d’accompagner le processus électoral. Elle y voit un risque de conflit d’intérêts susceptible d’affaiblir la confiance des acteurs politiques et de la société civile dans la neutralité de l’État.
Insécurité et déséquilibre politique : la CFR accuse
La coalition formule aussi de graves accusations concernant la gestion de la sécurité. Elle affirme que les opérations policières auraient été ralenties et accuse le chef du gouvernement d’instrumentaliser l’insécurité pour prolonger son maintien au pouvoir. Ces allégations relèvent de la position de la CFR et n’ont pas été établies indépendamment dans les éléments présentés.
Sur le terrain politique, l’organisation dénonce un déséquilibre entre les formations engagées dans la compétition électorale. Selon elle, le contrôle des ressources publiques et des principaux leviers de l’État par le pouvoir en place pourrait compromettre l’égalité des chances entre les candidats.
La coalition estime que le Pacte national, censé encadrer la transition et soutenir la préparation des élections, a perdu une grande partie de sa portée politique. Elle affirme par ailleurs que la majorité des signataires de cet accord aurait déjà réclamé le départ d’Alix Didier Fils-Aimé.
Le 7 février 2027, ligne rouge contre une prolongation du pouvoir
Au-delà des critiques adressées au gouvernement, la CFR met en garde contre toute tentative de maintenir le Premier ministre à la tête de l’Exécutif après le 7 février 2027 sans un nouvel accord politique négocié entre les acteurs nationaux.
Elle appelle notamment le Conseil électoral provisoire (CEP) à préserver son indépendance et à ne pas se laisser instrumentaliser dans une éventuelle démarche de prolongation du pouvoir.
Pour la coalition, une nouvelle entente politique doit permettre de mettre en place une gouvernance plus équilibrée, capable de soutenir le processus électoral sans favoriser un camp particulier. Cette démarche devrait notamment privilégier le renforcement de la sécurité, la réponse à l’urgence humanitaire, la réouverture et la sécurisation des axes routiers ainsi que la protection de l’indépendance du CEP.
Un ultime consensus pour éviter une nouvelle impasse
L’appel de la CFR intervient dans un contexte où l’insécurité, les déplacements de population, les divisions politiques et les incertitudes électorales fragilisent les perspectives de sortie de crise.
En sollicitant également l’attention de la communauté internationale, la coalition veut placer les acteurs politiques devant leurs responsabilités. Elle estime qu’aucune solution durable ne pourra émerger sans garanties concrètes, sans confiance entre les protagonistes et sans un accord politique susceptible de restaurer la crédibilité de la transition.
La question dépasse désormais la seule tenue des élections : elle concerne la légitimité de la gouvernance, la neutralité des institutions et les conditions d’une véritable alternance démocratique.
À l’approche du 13 décembre 2026, le message de la CFR est clair : pas de sortie de crise durable sans consensus politique, pas d’élections crédibles sans garanties et pas de prolongation du pouvoir sans accord préalable.
Rédaction : Sinoïs Francius
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