ÉLECTIONS EN HAÏTI

LA COEDNA-HAÏTI DÉFIE L’IMPASSE ET PROPOSE LE 14 MARS 2027 POUR RELANCER LA DÉMOCRATIE !

Port-au-Prince, 22 octobre 2026

Face aux incertitudes politiques et sécuritaires qui continuent de fragiliser le processus électoral en Haïti, la Coordination nationale pour l’organisation des élections et la démocratie en Haïti (COEDNA-HAÏTI) propose un nouveau calendrier électoral et appelle à un dialogue national inclusif. L’organisation estime que le pays ne peut rester indéfiniment en transition et exhorte les autorités à créer les conditions nécessaires au renouvellement des institutions démocratiques.
Dans une lettre ouverte datée du 20 octobre 2026, la coalition interpelle le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Conseil électoral provisoire (CEP) ainsi que les différents secteurs de la vie nationale. Elle plaide pour la poursuite des préparatifs électoraux, tout en tenant compte des contraintes sécuritaires et de la nécessité de parvenir à un consensus politique.
Un nouveau calendrier électoral sur la table
Signée par son coordonnateur général, Jean Rénold Philippe, la proposition de la COEDNA-HAÏTI prévoit plusieurs échéances pour organiser les prochaines élections et permettre le renouvellement des institutions républicaines.
Selon ce calendrier proposé, le premier tour des élections présidentielles et législatives se tiendrait le 14 mars 2027. Le second tour des élections présidentielles et législatives, combiné aux élections des collectivités territoriales, aurait lieu le 2 mai 2027.
La coalition suggère également la publication des résultats définitifs le 31 mai 2027, l’entrée en fonction du Parlement le 14 juin et la prestation de serment du président de la République le 20 juin 2027.
Par ailleurs, l’organisation propose deux échéances concernant les candidatures : le 31 octobre 2026 pour la clôture des inscriptions en ligne des candidats et le 30 novembre 2026 pour le dépôt des pièces justificatives des dossiers.
La COEDNA-HAÏTI précise toutefois que ces dates constituent des propositions soumises à l’appréciation du CEP et des autorités compétentes. Elles ne doivent donc pas être confondues avec un calendrier officiellement adopté par le Conseil électoral provisoire.
Des élections progressives face aux défis sécuritaires
Pour la coalition, la crise sécuritaire ne doit pas conduire à un blocage indéfini du processus démocratique. Elle estime que les préparatifs peuvent se poursuivre dans les zones où les conditions nécessaires sont réunies, tout en reconnaissant que le rétablissement de la sécurité demeure indispensable dans les territoires contrôlés par les groupes armés.
L’organisation considère que les données relatives aux électeurs déjà inscrits permettent d’envisager la poursuite des démarches électorales. Elle évoque également la possibilité d’élire un président de la République, 30 sénateurs et 103 députés, sous réserve du respect des dispositions légales et des garanties nécessaires à la crédibilité du scrutin.
Cependant, l’organisation d’élections crédibles ne dépend pas uniquement de la disponibilité d’un calendrier. La sécurité des candidats, l’accès des électeurs aux centres de vote, la participation équitable de la population et le respect des règles électorales restent des conditions déterminantes.
La question demeure donc de savoir comment garantir un processus véritablement inclusif dans les zones où l’insécurité empêche encore les déplacements et limite l’accès aux services publics.
La COEDNA-HAÏTI réclame un dialogue national inclusif
Au-delà des échéances électorales, la coordination insiste sur l’urgence d’un dialogue national réunissant les différentes composantes de la société haïtienne.
Elle appelle le gouvernement, le CEP, les partis politiques, les organisations de la société civile, le secteur privé et les partenaires internationaux à engager rapidement des discussions susceptibles de favoriser une sortie de crise.
Pour la COEDNA-HAÏTI, un tel dialogue pourrait contribuer à réduire les divergences entre les acteurs politiques, à renforcer la confiance et à poser les bases d’une réconciliation nationale durable.
L’organisation estime qu’un minimum de consensus politique est nécessaire pour permettre aux institutions concernées d’avancer dans un climat plus favorable. Sans une entente suffisamment large et des garanties sécuritaires appropriées, la tenue d’élections acceptées par les principaux acteurs risque de rester un défi majeur.
Le retour à la légitimité démocratique au cœur des préoccupations
Après plus d’une décennie marquée par l’absence de renouvellement électoral régulier, la COEDNA-HAÏTI considère que le pays doit retrouver la voie de la légitimité démocratique.
La coalition appelle ainsi les autorités à prendre leurs responsabilités afin de permettre au peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants et de contribuer au rétablissement des institutions républicaines.
Sa proposition intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que les divergences autour du calendrier électoral, les difficultés sécuritaires et le manque de consensus continuent d’alimenter les incertitudes.
Reste désormais à savoir quelle réponse le gouvernement et le Conseil électoral provisoire réserveront à cette initiative. L’adoption éventuelle d’un nouveau calendrier nécessitera des décisions officielles, des dispositions conformes au cadre légal et des mesures concrètes pour garantir la sécurité du processus.
Pour la COEDNA-HAÏTI, l’enjeu dépasse la simple fixation de dates : il s’agit de sortir Haïti de la transition, de rétablir la confiance dans les institutions et de créer les conditions permettant à la population de choisir ses représentants dans un cadre démocratique, crédible et transparent.

Rédaction : Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO
Contact : (509) 3674-3106

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