La controverse autour d’un présumé carnet appartenant à l’ancien président Jovenel Moïse continue de susciter de nombreuses réactions dans l’opinion publique. Dans ce contexte, Me Newton St-Juste estime que ce dossier, qu’il juge sensible pour le pays, ne doit pas être banalisé ni instrumentalisé au gré des intérêts politiques ou personnels.

L’avocat réagit après des déclarations relayées par un journaliste laissant entendre que le directeur du RNDDH, Pierre Espérance, serait en possession d’un carnet attribué au défunt président. Cette révélation a provoqué un vaste débat dans l’espace public, certains y voyant une piste importante dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse.
Me Newton St-Juste rappelle toutefois que, selon les enquêtes menées par la DCPJ et le FBI, le nom de Pierre Espérance n’a jamais été cité parmi les personnes impliquées dans le crime. Il souligne qu’une participation à une infraction peut intervenir avant, pendant ou après les faits, mais qu’aucun élément connu jusqu’à présent ne permet d’établir un lien direct entre le responsable du RNDDH et l’assassinat.
L’homme de loi évoque plusieurs hypothèses concernant la présence supposée de ce carnet entre les mains de Pierre Espérance. Selon lui, il pourrait s’agir d’un document remis volontairement par Jovenel Moïse lui-même, d’un document transmis par les criminels ou encore d’une copie obtenue dans le cadre d’une collaboration avec les autorités. Il rappelle d’ailleurs que le RNDDH avait indiqué, dans une correspondance, détenir une copie de l’agenda dans le cadre d’échanges avec la police.
Pour Me St-Juste, le principal problème soulevé par cette affaire concerne surtout la gestion et la protection des pièces à conviction et des corps du délit au sein du système judiciaire haïtien. Il dénonce un dysfonctionnement profond dans la conservation des preuves, affirmant que certains documents ou objets liés à des enquêtes circuleraient trop facilement en dehors des circuits officiels.
L’avocat estime ainsi que si un agent judiciaire ou policier avait effectivement transmis un tel document, cela relèverait davantage d’une faute administrative que d’une infraction pénale, sauf preuve d’une participation criminelle. Il appelle finalement à l’adoption d’une loi encadrant strictement la gestion des pièces à conviction afin de renforcer l’efficacité et la crédibilité de la justice haïtienne.





