Le Groupe Initiative plaide pour des réformes structurelles face à la crise sécuritaire et sociale en Haïti

Le Groupe Initiative a rencontré la presse le mercredi 27 mai 2026 afin de dénoncer ce qu’il qualifie de mauvaise gouvernance des autorités en place et de proposer des pistes de solution face à la crise multidimensionnelle qui frappe Haïti. Les responsables du regroupement estiment que la détérioration continue de la situation nationale exige des réponses profondes, structurées et durables.

Selon les membres du Groupe Initiative, l’insécurité actuelle ne serait pas un phénomène spontané, mais le résultat d’un processus installé depuis plusieurs années. Ils dénoncent également la succession de gouvernements de transition qu’ils considèrent comme des pouvoirs conçus sur mesure, avec leurs propres agendas politiques, sans réelle vision nationale pour résoudre la crise sécuritaire.

Le regroupement appelle les autorités à fournir des réponses concrètes sur plusieurs points jugés essentiels. Parmi les principales revendications figurent le déblocage des routes nationales, le retour effectif de l’État dans des zones comme Carrefour et la Plaine du Cul-de-Sac, ainsi que la réouverture complète de l’aéroport international Toussaint Louverture. Le Groupe Initiative réclame aussi la reprise des territoires occupés par les groupes armés et l’accompagnement des personnes déplacées afin qu’elles puissent regagner leurs domiciles.

L’ancien député Déus Dérontte a, de son côté, associé la montée de l’insécurité à la pauvreté et à l’exclusion sociale observées dans plusieurs régions du pays. Il estime que les inégalités touchant les provinces, les quartiers défavorisés et les sections communales alimentent directement la violence. Selon lui, les autorités ne pourront pas résoudre la crise avec des actions ponctuelles, mais devront plutôt mettre en œuvre des politiques durables et redéfinir la coopération avec la communauté internationale.

Le Groupe Initiative propose ainsi trois grands axes de réforme : le rétablissement d’un véritable État de droit, la mise en place d’un système économique inclusif favorisant l’emploi et l’industrialisation, ainsi qu’un nouveau modèle social garantissant un salaire minimum permettant aux citoyens de vivre dignement. Les responsables du regroupement considèrent que les écarts salariaux actuels renforcent les injustices sociales et accentuent les tensions au sein de la population.

Lors de cette rencontre, le Groupe Initiative a également abordé la question des victimes de l’insécurité. Celiscar Jean Elyzé a expliqué que l’organisation souhaite promouvoir des mécanismes de réparation, de restitution et de réhabilitation en faveur des familles touchées par les violences armées. Le regroupement prévoit de créer un réseau de représentants dans les différents départements du pays ainsi qu’au sein de la diaspora afin de défendre les droits des victimes et continuer à réclamer justice pour les personnes affectées par l’insécurité.

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