Des organisations demandent à l’ULCC d’enquêter sur d’anciens membres du CPT impliqués dans la formation du CEP

Plusieurs organisations de la société civile ont officiellement demandé le vendredi 5 juin 2026 à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) d’ouvrir une enquête sur d’anciens membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’elles accusent d’avoir influencé irrégulièrement le processus ayant conduit à la mise en place de l’actuel Conseil électoral provisoire (CEP).

Dans une correspondance adressée au directeur général de l’ULCC, Hans Jacques Ludwig Joseph, la Plateforme des Organisations de la Jeunesse Réveillée, le Secteur de la Jeunesse Haïtienne, le Collectif Contre la Corruption et le Collectif des Structures non Alignées dénoncent de présumés cas d’abus de fonction, de trafic d’influence et d’autres actes assimilés à la corruption.

Les signataires citent notamment les anciens conseillers présidentiels Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire, Fritz Alphonse Jean, Emmanuel Vertilaire, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin, Laurent Saint-Cyr, Régine Abraham et Frinel Joseph. Ils affirment que des informations relayées récemment dans plusieurs médias font état d’interventions de certains membres du CPT dans le choix des représentants appelés à siéger au CEP.

Selon les organisations, le décret du 12 avril 2024 créant le CPT confiait à cette instance la responsabilité de définir les critères de sélection des membres d’un conseil électoral impartial. Elles rappellent également que des termes de référence adoptés en juillet 2024 exigeaient des candidats des compétences académiques et professionnelles ainsi qu’une expérience dans le domaine électoral.

Les plaignants soutiennent toutefois que plusieurs conseillers électoraux auraient été désignés en dehors des critères établis. Ils évoquent notamment des interventions directes de certains membres du CPT dans des secteurs concernés par les désignations, ce qui aurait compromis le respect des principes de mérite et de transparence prévus dans le processus.

Les organisations estiment que si ces allégations sont confirmées, elles pourraient constituer des infractions prévues par la loi du 12 mars 2014 sur la prévention et la répression de la corruption. Elles demandent ainsi à l’ULCC d’examiner les termes de référence, les procès-verbaux, les contestations soumises par différents secteurs ainsi que l’ensemble des documents liés à la formation de l’actuel CEP afin de déterminer d’éventuelles responsabilités.

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