CRISE EN HAÏTI :

LA TABLE ALTERNATIVE PROPOSE UNE NOUVELLE PRÉSIDENCE PROVISOIRE POUR « RECADRER » LE PAYS

Un mandat de 18 mois, un gouvernement de consensus, une refonte du processus électoral et des élections générales avant le 7 février 2028 : les grandes lignes d’une nouvelle proposition de sortie de crise.

Port-au-Prince, 28 août 2026. Alors que la crise politique et sécuritaire continue de peser lourdement sur Haïti, une nouvelle proposition de sortie de crise vient d’être mise sur la table. La Table Alternative et ses alliés proposent l’instauration d’une Présidence Provisoire de Rupture et de Recadrage, destinée à reprendre en main la gouvernance du pays, renforcer la sécurité et remettre le processus électoral sur les rails.
Présentée le 27 août 2026 sous le titre « Consensus pour un Sauvetage National », cette proposition entend offrir une nouvelle architecture politique face à l’impasse institutionnelle et à la dégradation de la situation sécuritaire.
Une transition limitée à 18 mois
Au cœur de la proposition figure la création d’une présidence provisoire unique, exceptionnelle et non partisane.
Le mandat serait limité à 18 mois maximum et non renouvelable. Le futur président provisoire devrait également renoncer à toute ambition électorale pendant les cinq années suivant son mandat.
Pour les initiateurs, cette disposition doit permettre d’éviter que le responsable de la transition ne transforme son passage au pouvoir en avantage politique ou en instrument de préparation d’une candidature.
Un gouvernement réduit à 12 ministères
La proposition prévoit un véritable recadrage de la gouvernance publique.
La Table Alternative souhaite notamment suspendre les nominations jugées discrétionnaires ou partisanes, auditer les contrats publics et examiner la gestion des fonds de la transition.
Un Gouvernement de Consensus composé de 12 ministères au maximum serait également mis en place.
L’objectif affiché est de réduire la dispersion institutionnelle et de confier les responsabilités publiques à des personnalités considérées comme compétentes, intègres et politiquement acceptables.
La sécurité au centre de la nouvelle formule
La question sécuritaire occupe une place majeure dans le document.
Les promoteurs proposent une coordination renforcée entre les principales institutions chargées de la sécurité nationale, notamment la PNH et les FAd’H, sous une autorité stratégique unique.
La proposition évoque également des mécanismes spécifiques de lutte contre les groupes armés et la mise en œuvre d’un processus de justice transitionnelle, présenté comme un outil devant contribuer à la vérité, à la responsabilité, à la réparation et à la réconciliation nationale.
Objectif : des élections générales avant février 2028
La nouvelle formule proposée ne se limite pas à une réorganisation politique.
La Table Alternative veut également réévaluer le processus électoral, apporter les corrections nécessaires, réaménager le calendrier et publier un nouveau décret électoral.
L’objectif fixé dans le document est l’organisation d’élections générales avant le 7 février 2028.
Cette échéance constitue l’un des principaux garde-fous proposés afin que la nouvelle transition ne devienne pas une nouvelle période d’attente institutionnelle.
Qui pourrait diriger cette transition ?
La proposition établit des critères stricts pour le futur président provisoire.
Le candidat devrait être Haïtien d’origine, âgé d’au moins 40 ans et avoir résidé en Haïti durant les trois dernières années.
Il ne devrait pas avoir occupé de fonction élective ou ministérielle ni avoir été membre du CPT ou du CEP depuis 2016.
Une expérience reconnue dans l’administration, le droit, la gestion, l’université ou la diplomatie serait également exigée.
Le candidat devrait surtout présenter des garanties d’intégrité, de neutralité et d’impartialité, avec notamment un casier judiciaire vierge, aucune sanction nationale ou internationale et une déclaration publique de patrimoine.
Neuf personnalités pour choisir le futur président
La désignation du chef de cette éventuelle transition passerait par un Collège de Désignation de neuf membres.
Ce collège devrait représenter différents secteurs de la société, dont les groupements politiques, le secteur religieux, la diaspora, les syndicats et paysans, les organisations de femmes, les défenseurs des droits humains et le secteur privé.
Un appel public à candidatures serait lancé pour une durée de 72 heures.
Après examen et vérification des dossiers, le futur président serait choisi à la majorité des deux tiers des membres du collège.
Les promoteurs demandent que le processus soit public et retransmis afin de garantir davantage de transparence.
Des garde-fous pour empêcher une nouvelle dérive
La proposition prévoit enfin plusieurs mécanismes de contrôle.
Le futur président devrait prêter serment devant la Cour de Cassation, signer une charte d’éthique et prendre des engagements formels concernant le calendrier électoral.
Le document prévoit également des restrictions sur les décisions susceptibles d’engager durablement l’État, notamment au-delà d’une période de 12 mois.
Une nouvelle bataille politique s’annonce
Avec cette proposition, la Table Alternative et ses alliés lancent un nouveau débat sur l’avenir de la transition haïtienne.
La question est désormais de savoir si cette formule parviendra à obtenir l’adhésion des différents secteurs politiques et sociaux du pays, alors que les acteurs haïtiens restent profondément divisés sur la voie à suivre pour sortir de la crise.
Entre sécurité, gouvernance, transition et élections, le débat sur une nouvelle architecture politique pourrait ainsi s’intensifier dans les prochaines semaines.

Rédaction : Sinoïs Francius
Production : Sinoteam Media Info

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