MANIFESTATION DE L’OPPOSITION DISPERSÉE PAR LA POLICE SUR LA ROUTE DE DELMAS

Delmas, 4 septembre 2026 .

La police a dispersé, vendredi 4 septembre, une manifestation organisée par des acteurs de l’opposition politique regroupés au sein des Acteurs favorables à la Cour de cassation (AFC). Le mouvement, qui se déroulait initialement dans le calme, visait notamment à réclamer le départ du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, que les organisateurs accusent de ne plus inspirer confiance à la population et aux secteurs organisés.
La manifestation était conduite notamment par Serge Jean Louis, Jean Fenel Thanis, Batau Junior, Yves André Joseph et Jean Reynald Naud. Le cortège, parti de la zone de Delmas 41, était accompagné de plusieurs groupes de rara ainsi que de Tchòk Sund.
Selon les organisateurs, les autorités policières avaient été préalablement informées de la tenue de la manifestation. Après une cérémonie destinée à « invoquer les esprits », le rassemblement a débuté vers 11 h 25.
D’après le récit livré par Jean Fenel Thanis, vers 11 h 45, les forces de l’ordre ont commencé à intervenir. L’ancien député affirme que des échanges avaient eu lieu avec des responsables du CIMO, avant que les agents ne fassent usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.
Toujours selon le témoignage de Jean Fenel Thanis, l’intervention policière a provoqué un mouvement de panique sur la route de Delmas. Des manifestants, des automobilistes et des motocyclistes ont pris la fuite dans différentes directions.
L’ancien député rapporte également qu’une femme aurait reçu une projection de gaz lacrymogène dans le dos, tandis qu’un homme qui l’accompagnait aurait été atteint au genou par une bonbonne de gaz lacrymogène.
Jean Fenel Thanis rejette le processus électoral
Interrogé sur les raisons de sa mobilisation, Jean Fenel Thanis a réaffirmé son opposition au processus électoral actuellement engagé. Il affirme ne pas être candidat et ne pas s’être inscrit comme électeur.
Selon lui, les démarches entreprises par le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) ne réunissent pas les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. Il estime que le processus en cours constitue, selon son analyse, une manœuvre destinée notamment à mobiliser des ressources financières alors que les conditions politiques et sécuritaires ne permettraient pas une véritable participation populaire.
Pour Jean Fenel Thanis, il est actuellement impossible d’organiser des élections crédibles en Haïti en raison du climat politique et de la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays.
Serge Jean Louis défend également cette position. Pour les deux responsables de l’opposition, une nouvelle approche politique et des garanties sérieuses en matière de sécurité devraient précéder toute organisation d’élections nationales.
La mobilisation de Delmas intervient dans un contexte marqué par une forte contestation politique et par des interrogations persistantes autour des conditions de sécurité, de la crédibilité du processus électoral et de la capacité des autorités à garantir une participation effective de la population.

Redaction;Sinoïs Francius.
Production ; Sinoteam Media Info.

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