Les dirigeants de l’Accord Karibe dénoncent la détérioration alarmante de la situation sécuritaire en Haïti. Son président, le Dr Jean Ardouin Esther Louis-Charles, affirme que le pays n’a jamais connu un tel niveau d’insécurité généralisée, qu’il considère comme la principale menace nationale.

Il met en cause l’implication de réseaux influents dans l’alimentation des gangs armés et condamne fermement le massacre survenu à Jean Denis, dans la commune de Petite Rivière de l’Artibonite, dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, ayant fait une centaine de morts, ainsi que de nombreux disparus.
Selon lui, les causes profondes de cette crise résident dans les multiples formes d’insécurité structurelle : alimentaire, sanitaire, éducative et sociale, aggravées par une mauvaise gestion des ressources publiques et une absence de politiques efficaces en faveur de la population.
Le Dr Ardouin souligne également le déséquilibre frappant entre les moyens de sécurité en Haïti et ceux de pays voisins, estimant que cette faiblesse institutionnelle contribue à l’expansion du phénomène criminel sur l’ensemble du territoire national.
De son côté, le vice-président de l’organisation, Edouard St-Fleur, critique la décision du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’augmenter les prix du carburant, la qualifiant d’attaque économique directe contre une population déjà fragilisée par la crise multidimensionnelle.
Il s’interroge notamment sur l’utilisation des fonds générés par cette hausse et appelle les autorités à apporter des réponses concrètes, notamment en matière de sécurité et de réhabilitation des axes routiers nationaux.
Face à cette situation, l’Accord Karibe envisage le lancement d’une grève générale dans les prochains jours afin de contraindre les autorités à revoir leurs décisions. L’organisation annonce également son intention d’engager des poursuites judiciaires contre plusieurs responsables étatiques pour leur implication présumée dans les violences.
Enfin, l’Accord Karibe réaffirme son refus de participer à tout processus électoral organisé par le pouvoir en place, qu’il accuse de manquer de crédibilité et de transparence dans le contexte actuel.






