À l’occasion de son 40ᵉ anniversaire, la Confédération Nationale des Éducateurs et Éducatrices Haïtiens (CNEEH) a profité le jeudi 10 avril 2026 d’une conférence de presse pour exprimer de vives inquiétudes face à la gestion actuelle du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), pointant du doigt un manque de concertation et des pratiques jugées préoccupantes.

Réunie devant la presse, l’organisation syndicale a dénoncé ce qu’elle qualifie de « dérives démagogiques » sous la direction du ministre Vijonet Déméro. Selon ses responsables, aucune structure du secteur éducatif ne serait informée ni impliquée dans les grandes orientations en cours, ce qui traduirait une rupture avec les principes de gouvernance participative.
La CNEEH critique également l’attitude du titulaire du MENFP, évoquant des décisions prises sans consultation et une série de nominations à caractère partisan au sein de l’administration éducative. Le syndicat estime que ces pratiques risquent d’aggraver les déséquilibres déjà existants dans le système.
Intervenant lors de cette conférence, le professeur Lavaud Frédérick, conseiller de la structure, a rapporté que le ministre aurait lui-même admis que « le drap est court » pour les enseignants, laissant entendre que ces derniers ne bénéficieraient pas des récentes nominations. Il a également dénoncé un discours contradictoire du ministre, accusé de rejeter certains syndicats tout en dialoguant avec d’autres, y compris en région.
Le syndicat affirme par ailleurs que la mission actuelle du ministre viserait à remplacer plusieurs directeurs d’établissements par des proches politiques. Il évoque l’existence de milliers de lettres de nomination sans affectation claire, tout en soulignant des irrégularités liées au paiement d’enseignants, certains restant impayés depuis plusieurs années tandis que d’autres percevraient des salaires sans exercer.
Face à cette situation, la CNEEH dénonce un abus à l’encontre des enseignants et appelle à une mobilisation nationale dans les dix départements du pays. Elle invite également le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à faire preuve de vigilance quant aux décisions prises au sein du MENFP, avertissant que les éducateurs entendent faire entendre leur voix.





