Lors d’une interview accordée à notre rédaction, Newton Saint-Juste a présenté une analyse juridique approfondie autour du dossier de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, particulièrement en ce qui concerne les procédures engagées devant la justice américaine.

L’avocat au Barreau de Port-au-Prince a salué les avancées déjà réalisées par les autorités judiciaires des États-Unis dans cette affaire, rappelant que plusieurs individus impliqués dans le complot ont déjà été condamnés sur le territoire américain. Il a notamment évoqué le récent verdict rendu par un tribunal fédéral de Miami, à l’issue d’un procès ayant duré environ neuf semaines.
À travers leur décision, les membres du jury ont reconnu coupables Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, James Solages et Walter Veintemilla pour leur implication dans le complot ayant conduit à l’assassinat du président haïtien dans la nuit du 7 juillet 2021.
Selon Me Newton Saint-Juste, la justice américaine fonde sa compétence sur les dispositions du code de procédure pénale des États-Unis, lesquelles interdisent à toute personne de planifier intentionnellement un crime sur le sol américain ou d’y mobiliser des ressources financières et logistiques destinées à commettre des actes criminels dans un pays allié des États-Unis. À ce titre, il estime que les autorités judiciaires américaines sont pleinement compétentes pour traiter ce dossier.
L’homme de loi affirme également que la justice américaine considère l’assassinat de Jovenel Moïse comme une forme de coup d’État orchestré par un groupe d’individus ayant mobilisé des fonds depuis les États-Unis afin de renverser le chef de l’État haïtien. Selon lui, l’objectif des conspirateurs était de placer leur propre pouvoir politique afin d’obtenir une forte influence ainsi que d’importants contrats lucratifs en Haïti après la disparition du président.
Me Newton Saint-Juste indique par ailleurs avoir constaté, après l’assassinat du chef de l’État, plusieurs tentatives de diversion et différentes stratégies, tant au niveau national qu’international, visant à brouiller les pistes afin d’empêcher l’identification des véritables responsables du crime.
Le défenseur des droits humains estime enfin que d’importantes investigations restent encore à mener, aussi bien du côté de la justice américaine que de la justice haïtienne, afin d’identifier les véritables sources de financement du crime, de déterminer les montants mobilisés et de révéler l’identité des personnes ayant financé cette opération criminelle.




