Le Comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a adressé, le vendredi 12 juin 2026, une lettre ouverte à plusieurs acteurs de la communauté internationale pour exprimer ses préoccupations face à la crise politique, institutionnelle et sécuritaire qui secoue Haïti. Le regroupement plaide en faveur d’une nouvelle gouvernance de transition fondée sur la légalité constitutionnelle et le consensus national.

Les signataires estiment que la poursuite de l’exercice du pouvoir par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé soulève de sérieuses interrogations sur le plan juridique et politique. Ils rappellent que ce dernier aurait été révoqué de ses fonctions par une décision du Conseil présidentiel de transition en date du 21 janvier 2026.
L’organisation soutient également que le mandat des institutions issues de la transition, établi dans le cadre de l’accord du 3 avril 2024, est arrivé à expiration depuis le 7 février 2026. Selon elle, aucune prolongation fondée sur un large consensus national n’a été adoptée depuis cette échéance.
Le Comité critique par ailleurs l’utilisation de l’article 149 de la Constitution amendée de 1987 pour justifier la continuité du pouvoir exécutif. Il affirme que le délai exceptionnel prévu par cette disposition aurait pris fin le 7 juin 2026, remettant en question sa validité comme fondement de gouvernance.
Les signataires dénoncent également le Pacte du 21 février 2026, qu’ils considèrent comme une initiative susceptible d’ouvrir la voie à des modifications constitutionnelles en dehors des mécanismes prévus par la loi. Ils soulignent aussi des préoccupations concernant plusieurs nominations administratives et les récentes modifications apportées au décret électoral.
Dans leur correspondance, les responsables de l’Accord de Montana mettent en garde contre le risque que la communauté internationale apporte son soutien à une gouvernance dont la légitimité est contestée par une partie de la société haïtienne. Ils appellent les partenaires étrangers à privilégier le respect de la Constitution, la souveraineté nationale et la recherche d’un consensus politique inclusif.
Le Comité propose la mise en place d’un exécutif bicéphale de transition composé de personnalités jugées compétentes et indépendantes. Cette structure aurait notamment pour mission de rétablir la sécurité publique, faciliter le retour des personnes déplacées, renforcer les institutions et organiser des élections jugées libres, crédibles et transparentes avant le transfert du pouvoir à des autorités élues.





