Port-au-Prince, 20 juillet 2026 – Le ministère de la Défense a publié le bilan des cent premiers jours du ministre Mario Andrésol, mettant en avant plusieurs avancées qu’il présente comme des étapes importantes dans le processus de modernisation des Forces armées d’Haïti (FAd’H).

Selon ce document, les principales réalisations comprennent l’intégration de 339 nouveaux soldats, le lancement d’une campagne de recrutement ayant attiré 17 722 candidats, dont 4 331 femmes, la réhabilitation des bases militaires de Vertières, d’Anacaona et de Clercine, ainsi que le renforcement de la coopération militaire avec la France, le Brésil, l’Argentine, le Mexique et les États-Unis.
Cependant, d’anciens responsables et collaborateurs du ministère de la Défense contestent cette présentation. Ils affirment disposer de documents administratifs démontrant que ces projets avaient été conçus, planifiés ou engagés sous la direction de l’ancien ministre Jean Michel Moïse, bien avant l’entrée en fonction de Mario Andrésol.
Le ministère met également en avant le déploiement progressif des FAd’H en appui à la Police nationale d’Haïti (PNH), la création d’une banque de sang militaire et l’élaboration d’une nouvelle doctrine militaire, dont la présentation est prévue lors d’un forum en août. Il indique vouloir poursuivre ces initiatives dans le cadre de son plan d’action 2026-2027.
Les détracteurs du bilan soutiennent, pour leur part, que les formations de militaires à l’étranger, l’augmentation des effectifs, la restructuration des bases militaires, les commandes de véhicules blindés, de camions et d’autres équipements, de même que les accords de coopération militaire avec plusieurs États partenaires, avaient tous été lancés sous la précédente administration. Ils affirment également que les recrues actuellement en formation avaient été sélectionnées et préparées avant le changement de ministre.
Pour ces anciens responsables, le document publié par Mario Andrésol reflète essentiellement la continuité de l’État plutôt que de nouvelles initiatives. Ils estiment qu’il aurait été plus approprié de reconnaître le travail accompli par son prédécesseur et de présenter ces résultats comme la poursuite d’un processus déjà engagé.
À ce stade, le ministère de la Défense n’a pas réagi publiquement à ces critiques ni aux affirmations selon lesquelles des documents administratifs attesteraient que plusieurs des projets présentés avaient été initiés sous la gestion de l’ancien ministre Jean Michel Moïse.





