Le bilan des cent premiers jours présenté par le ministre de la Défense, Mario Andrésol, a suscité de nombreuses réactions dans les milieux politiques. Si le document met en avant plusieurs avancées importantes, plusieurs observateurs rappellent qu’une grande partie des projets présentés avaient été initiés sous l’administration de son prédécesseur, Jean-Michel Moïse.

Nommé en novembre 2024, Jean-Michel Moïse avait engagé une série de réformes destinées à renforcer les Forces Armées d’Haïti (FAD’H). Les accords de coopération conclus avec le Mexique et la Colombie pour la formation de nouvelles recrues, le plaidoyer ayant permis l’obtention d’un budget de 7 milliards de gourdes, ainsi que les projets de construction et de réhabilitation des infrastructures militaires figurent parmi les principales initiatives lancées durant son mandat.
Ces réalisations ont contribué à replacer le ministère de la Défense au centre des débats politiques. Longtemps considéré comme un portefeuille de second plan, ce ministère est désormais perçu comme un poste stratégique dans le contexte de la crise sécuritaire que traverse le pays.
Selon plusieurs analystes, une part importante des actions présentées dans le bilan des cent jours du ministre Mario Andrésol s’inscrit dans la continuité des projets déjà engagés sous Jean-Michel Moïse. Ils estiment que le rapport aurait gagné en crédibilité en reconnaissant explicitement cette continuité administrative, principe fondamental du fonctionnement de l’État.
Dans une administration publique, les politiques publiques ne sont pas la propriété d’un ministre, mais celle de l’État. Les responsables se succèdent, tandis que les programmes se poursuivent lorsque leur mise en œuvre répond à l’intérêt général. Dans cette perspective, plusieurs voix estiment que le bilan des cent jours aurait dû être présenté au nom de la continuité de l’État, en soulignant à la fois les projets hérités et les nouvelles initiatives entreprises par l’équipe actuelle.
Au-delà des débats politiques, cette approche contribuerait à renforcer la culture institutionnelle, à valoriser le travail accompli par les différentes administrations et à rappeler que la consolidation des institutions repose avant tout sur la continuité de l’action publique.





