
Les vacances ont longtemps été l’une des plus belles périodes de l’année pour les enfants haïtiens. Elles annonçaient les retrouvailles avec les grands-parents, les voyages vers les villes de province, les jeux dans les cours familiales, les baignades dans les rivières et la découverte d’un autre visage du pays. Les gares routières étaient bondées, les autobus affichaient complet et les routes nationales témoignaient d’un pays en mouvement.
Aujourd’hui, ce tableau appartient presque au passé.
Depuis plusieurs années, les grands départs en vacances se sont raréfiés. Les principales routes reliant la capitale au Grand Nord, au Grand Sud et à d’autres régions sont devenues des axes à haut risque en raison de l’insécurité et de la présence de groupes armés. La peur a remplacé l’enthousiasme, et les gares routières autrefois animées sont désormais loin de connaître l’effervescence des vacances d’antan.
La première victime de cette situation est l’enfance haïtienne. Des milliers d’élèves sont privés de ces moments de découverte, de partage et de rapprochement familial qui contribuaient à leur épanouissement. Les vacances ne sont plus synonymes de liberté, mais d’enfermement, d’incertitude et de résignation.
Cette réalité interpelle les pouvoirs publics. Garantir la libre circulation des citoyens n’est pas seulement une question de sécurité ; c’est aussi permettre aux familles de préserver leurs liens, aux enfants de découvrir leur pays et à la nation de maintenir vivantes ses traditions.
Un pays où les enfants ne peuvent plus voyager librement pendant les vacances est un pays qui perd progressivement une partie de son âme. Redonner aux familles le droit de circuler en toute sécurité ne devrait pas être un privilège, mais une responsabilité fondamentale de l’État.
Les vacances ne devraient jamais être un luxe ou un souvenir. Elles devraient demeurer un droit, un temps de bonheur et d’espérance pour chaque enfant haïtien.
Sinoïs Francius
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