12 et 14 août : les partisans d’une solution autour de la Cour de cassation appellent à la mobilisation

Port-au-Prince — La crise politique haïtienne connaît une nouvelle montée de tension. À l’approche des mobilisations annoncées pour les 12 et 14 août, plusieurs acteurs politiques et syndicaux favorables à une solution institutionnelle autour de la Cour de cassation intensifient leurs critiques contre le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Jean Fenel Thanis, ancien député, accuse les autorités de ne pas respecter, selon lui, les principes constitutionnels et appelle à une mobilisation nationale. Il défend l’idée d’une solution politique passant par la Cour de cassation.
Diaspora : Fritz Israël monte au créneau
Fritz Israël prend position en faveur des Haïtiens de la diaspora confrontés aux menaces de déportation aux États-Unis et aux mesures de surveillance électronique.
Il dénonce ce qu’il présente comme une coordination entre les autorités américaines et haïtiennes pour faciliter le retour de ressortissants haïtiens, alors que le pays fait face à une grave crise sécuritaire.
Yves André Joseph accuse le pouvoir
Le syndicaliste Yves André Joseph adopte un discours particulièrement offensif. Il établit, selon sa propre analyse, un parallèle entre les groupes armés et le pouvoir dans la gestion de la crise sécuritaire.
Il cite plusieurs cas de violences attribuées aux gangs et dénonce également les mesures judiciaires visant, selon lui, des personnes ayant combattu les groupes armés à Mirebalais.
Francisco de la Cruz : des élections, mais pas à n’importe quel prix
Pour l’ancien sénateur Francisco de la Cruz, les acteurs favorables à la Cour de cassation ne rejettent pas le principe des élections.
Mais ils refusent, affirme-t-il, « n’importe quelles élections ».
Contrôle territorial exercé par les groupes armés, déficit de confiance dans le processus électoral et méfiance d’une grande partie de la classe politique : autant d’obstacles qui, selon lui, empêchent actuellement de réunir les conditions d’un scrutin crédible.
Bateau Junior rejette le décret électoral
Bateau Junior conteste le décret électoral et critique le rôle attribué au gouvernement dans la préparation du cadre électoral.
Il met également en garde contre toute éventuelle retenue sur les salaires des employés de l’État destinée à financer les élections, évoquant un possible prélèvement de 15 %.
Djeppy Chéribin : « Le rendez-vous est fixé »
L’ancien sénateur Djeppy Chéribin demande au CEP de suspendre le processus électoral tant que les conditions sécuritaires, financières et politiques ne sont pas réunies.
Il appelle également les regroupements politiques à ne pas privilégier les compromis faciles au détriment de l’avenir du pays.
Pour lui, la voie la plus facile pourrait conduire Haïti vers davantage de désordre. Il appelle les acteurs politiques à choisir une voie plus difficile, mais susceptible de préserver l’avenir collectif.
Son message final est direct :
« N’offrez-leur plus rien. Le rendez-vous est fixé au 12 août et au 14 août. »
12 AOÛT — PORT-AU-PRINCE
14 AOÛT — CAP-HAÏTIEN
Deux dates annoncées. Une mobilisation attendue. Une nouvelle bataille politique se profile.
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