La police disperse à coups de gaz lacrymogène une manifestation de plusieurs milliers de personnes contre le pouvoir devant l’ambassade du Canada

Port-au-Prince, mercredi 12 août 2026

Plusieurs milliers de personnes ont pris part, mercredi 12 août 2026, à une manifestation politique organisée devant l’ambassade du Canada à Port-au-Prince. Le rassemblement réunissait plusieurs acteurs politiques favorables à une solution institutionnelle impliquant la Cour de cassation.

Selon l’ancien sénateur Dieupie Chérubin, l’un des objectifs de la manifestation était de dénoncer les conditions dans lesquelles le processus électoral est en train d’être préparé. Il affirme que les acteurs mobilisés ne sont pas opposés aux élections, mais souhaitent qu’elles soient organisées dans des conditions acceptables, transparentes et conformes à l’intérêt national.

L’ancien sénateur affirme également avoir toujours défendu la cause du peuple depuis son passage au Sénat de la République. Il rappelle que, lorsqu’il était parlementaire, certains de ses collègues s’interrogeaient sur son positionnement politique, estimant qu’il était difficile de déterminer s’il appartenait à la majorité ou à l’opposition.

De son côté, l’ancien député Jean Fenel Thanis rejette ce qu’il qualifie de « décrets électoraux de façade », ainsi que des élections qu’il décrit comme des « élections de championnat de quartier ». Selon lui, seule la mise en place d’un Exécutif bicéphale pourrait permettre d’organiser des élections crédibles dans le pays.

Jean Fenel Thanis critique également l’intervention de la police. Il affirme ne pas comprendre pourquoi les forces de l’ordre ont dispersé une manifestation qu’il présente comme pacifique et qui, selon lui, ne comportait aucun acte de violence.

L’ancien député soutient que les organisateurs avaient écrit à la police afin de solliciter un dispositif de sécurité pour encadrer la manifestation, conformément aux dispositions constitutionnelles relatives au droit des citoyens de manifester pacifiquement afin de faire valoir leurs revendications.

Pour Bateau Junio, les élections ne doivent pas être considérées comme une affaire d’amitié ou d’intérêts particuliers. « Les élections sont une affaire d’intérêt national », a-t-il déclaré, mettant en doute la capacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à organiser un scrutin crédible.

Bateau Junio estime que le processus électoral doit être organisé dans l’intérêt du pays et non pour répondre aux intérêts de certains acteurs politiques ou de la communauté internationale.

Dans le même registre, Yves André Joseph affirme que la mobilisation visant à obtenir le départ du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a désormais commencé. Il condamne l’utilisation de gaz lacrymogène contre les manifestants, estimant que ceux-ci ne représentaient aucune menace pour l’ordre public.

Yves André Joseph réclame le départ immédiat du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé et propose la mise en place d’un Exécutif bicéphale, avec un président issu de la Cour de cassation et un Premier ministre désigné à partir d’un consensus entre les partis politiques et les secteurs organisés de la société civile.

La manifestation et l’intervention policière relancent ainsi le débat sur le respect du droit de manifester, la protection des manifestants et les conditions nécessaires à la tenue d’un processus électoral jugé crédible par les différents secteurs de la classe politique haïtienne.

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