Par SinoTeam Media Info

Alors que de nombreuses interrogations circulent sur la situation de l’Aéroport international Toussaint Louverture, une précision s’impose : l’infrastructure n’est pas officiellement fermée. Toutefois, l’absence de vols commerciaux internationaux réguliers continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique.
Selon le pilote retraité Chili Dufour, le principal obstacle au retour massif des compagnies aériennes étrangères ne réside pas dans une fermeture administrative de l’aéroport, mais plutôt dans les préoccupations liées à la sécurité aérienne et aux couvertures d’assurance. « Les compagnies ne veulent pas prendre le risque d’opérer dans un environnement où les appareils peuvent être exposés à des tirs », explique-t-il.
Plusieurs incidents survenus entre 2024 et 2026 ont contribué à renforcer les inquiétudes des transporteurs aériens. Le 29 février 2024, un Airbus A321 dominicain aurait été touché par des tirs. Quelques jours plus tard, le 4 mars, des hommes armés auraient ouvert le feu sur trois appareils stationnés à l’aéroport, le même Airbus étant de nouveau atteint.
La situation s’est aggravée au cours de l’année 2024. En octobre, un hélicoptère effectuant un vol au départ de Port-au-Prince a reçu plusieurs impacts de balles. Le 11 novembre, trois avions commerciaux de type Airbus A320 et A321 opérant pour JetBlue, Spirit Airlines et American Airlines auraient également été touchés. À la suite de cet incident, plusieurs compagnies internationales ont suspendu leurs opérations vers la capitale haïtienne.
Les événements se sont poursuivis en 2025. En mai, un hélicoptère a essuyé des tirs alors qu’il survolait Port-au-Prince. En novembre, un Embraer 120 de la compagnie Sunrise Airways et un hélicoptère affecté aux opérations de la Police nationale d’Haïti ont été la cible de tirs armés. Contraint à un atterrissage d’urgence dans la zone de Croix-des-Bouquets, l’appareil de la PNH a ensuite été incendié par des individus armés. Le 14 novembre 2025, un Piper Cherokee appartenant à une compagnie haïtienne a également été atteint par des projectiles lors de son décollage.
L’année 2026 n’a pas été épargnée. En janvier, deux Airbus A320 affrétés pour assurer des liaisons entre Haïti et le Brésil auraient subi des impacts de balles. Plus récemment, le 19 avril 2026, un avion militaire transportant environ 80 soldats destinés à appuyer les forces de sécurité haïtiennes a été touché par des tirs. L’appareil a dû atterrir en République dominicaine, où plusieurs impacts auraient été constatés sur sa structure.
Pour les spécialistes du secteur, ces incidents répétés expliquent en grande partie la prudence des compagnies aériennes et de leurs assureurs. Les zones de Cité Soleil, Santo et Croix-des-Bouquets sont souvent citées parmi les secteurs survolés à basse altitude lors des phases d’approche et de décollage, rendant les aéronefs particulièrement vulnérables en cas d’attaques armées.
Si l’aéroport demeure officiellement ouvert, le rétablissement complet des liaisons internationales dépendra largement d’une amélioration durable de la situation sécuritaire autour de la capitale. Pour de nombreux observateurs, la sécurité du corridor aérien de Port-au-Prince demeure aujourd’hui l’une des conditions essentielles au retour de la confiance des transporteurs internationaux.
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