Décret électoral : Me Camille Leblanc dénonce des dispositions pouvant constituer des barrières pour certains candidatsPort-au-Prince, 20 août 2026 , L’ancien ministre de la Justice, Me Camille Leblanc, exprime de sérieuses réserves concernant certaines dispositions du décret électoral. Selon lui, certaines exigences prévues dans le texte pourraient constituer des barrières susceptibles de compliquer la participation de certains candidats au processus électoral.Intervenant notamment sur l’article 53 du décret électoral, Me Camille Leblanc estime que cette disposition soulève plusieurs interrogations. Il attire particulièrement l’attention sur deux problèmes majeurs : le nombre de pièces exigées aux candidats et les modalités liées à la publication des résultats électoraux.Jusqu’à 24 pièces exigées des candidatsSelon Me Camille Leblanc, l’article 53 prévoit que les candidats doivent fournir un ensemble de documents pouvant aller jusqu’à 24 pièces.Pour l’ancien ministre de la Justice, une telle exigence risque de rendre le processus de candidature particulièrement complexe. Il estime que les autorités électorales doivent éviter de multiplier les contraintes administratives au point de décourager ou d’empêcher la participation de certains candidats.Des inquiétudes autour de la proclamation des résultatsMe Camille Leblanc soulève également la question du délai de publication des résultats électoraux.À son avis, lorsque les conditions techniques le permettent, les résultats devraient être communiqués dans les meilleurs délais, idéalement le jour même du scrutin. Il estime qu’un délai prolongé pourrait alimenter les suspicions, les contestations et ouvrir la voie à d’éventuelles manipulations.Pour lui, la transparence et la rapidité dans la transmission des résultats constituent des éléments essentiels pour renforcer la confiance de la population dans le processus électoral.La question des 30 000 personnesL’ancien ministre s’est également prononcé sur la disposition faisant référence à la mobilisation de 30 000 personnes.Contrairement à ceux qui pourraient considérer cette exigence comme une barrière insurmontable, Me Leblanc estime que le texte doit être lu dans son ensemble. Il rappelle que les personnes concernées peuvent notamment être des membres, adhérents, militants, sympathisants ou autres personnes liées à l’organisation concernée.Selon lui, cette disposition ne devrait donc pas être automatiquement interprétée comme un obstacle à la participation des organisations politiques.L’insécurité ne doit pas bloquer les électionsSur la situation sécuritaire du pays, Me Camille Leblanc soutient que l’insécurité ne devrait pas servir de justification pour empêcher la tenue des élections.Selon l’ancien ministre, il revient à l’État de prendre les dispositions nécessaires afin de créer les conditions minimales permettant aux citoyens d’exercer leur droit de vote.Il constate par ailleurs une baisse progressive de la participation électorale au cours des différents scrutins et estime que l’insécurité constitue l’un des facteurs qui découragent une partie importante de la population.Retour sur la période de Jovenel MoïseRevenant sur la période de la présidence de Jovenel Moïse, Me Camille Leblanc rappelle que le problème de l’insécurité n’est pas nouveau en Haïti.Il affirme que des acteurs politiques dénonçaient déjà, à cette époque, la présence de groupes armés et les risques que cette situation représentait pour la population et pour la mobilisation électorale.L’ancien ministre évoque également la vulnérabilité du pays face au trafic d’armes, de munitions et de stupéfiants, notamment en raison des difficultés rencontrées par les autorités pour assurer un contrôle efficace des différentes voies d’entrée sur le territoire national.Me Leblanc appelle au renforcement du contrôle des ports et aéroportsPour Me Camille Leblanc, le renforcement de l’autorité de l’État constitue une condition indispensable pour améliorer la situation sécuritaire.Il appelle notamment les autorités à renforcer le contrôle des ports et des aéroports, à améliorer la surveillance des espaces maritimes et terrestres et à lutter plus efficacement contre les réseaux impliqués dans le trafic d’armes, de munitions et de stupéfiants.Il estime que le contrôle des frontières et des voies maritimes doit constituer une priorité pour les autorités haïtiennes.L’ancien ministre évoque notamment les limites des capacités de contrôle de l’État sur certaines zones maritimes du Sud et du Sud-Est et la possibilité que des trafics en provenance de la Jamaïque utilisent les voies maritimes pour pénétrer sur le territoire haïtien.Entre exigences électorales et droit à la participationLes déclarations de Me Camille Leblanc interviennent dans un contexte où le processus électoral suscite déjà de nombreuses interrogations au sein de la classe politique et de la société civile.Pour l’ancien ministre de la Justice, les règles électorales doivent permettre de garantir à la fois la crédibilité du scrutin, la transparence du processus et le droit des citoyens et des organisations politiques à participer.Il met ainsi en garde contre toute disposition qui, par son interprétation ou son application, pourrait transformer les exigences administratives et organisationnelles en véritables barrières à la compétition électorale.

Sinoïs Francius
Sinoteam Media Info

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