Port-au-Prince, 10 septembre 2026

Le coordonnateur général de SAKAF/PIC-A, le Dr Jean Ardouin Esther Louis-Charles, a vivement dénoncé, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 10 septembre, la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti.
Selon le professeur et personnalité académique et politique, le phénomène de l’insécurité aurait atteint un niveau particulièrement préoccupant ces derniers jours. Il déplore notamment les actes de kidnapping qui toucheraient désormais des élèves et des citoyens, ainsi que les nombreuses victimes enregistrées dans plusieurs zones du pays, notamment à Kenscoff, Wharf Jérémie, Gressier et dans d’autres quartiers affectés par la violence des groupes armés.
Le responsable de SAKAF/PIC-A qualifie cette situation d’« insécurité d’État », estimant que les autorités ne parviennent pas à assurer la protection de la population et à rétablir l’ordre sur le territoire national.
Des élections, mais pas « taillées sur mesure »
Abordant la question des élections, le Dr Jean Ardouin Esther Louis-Charles affirme que SAKAF/PIC-A est favorable à l’organisation d’élections, mais rejette toute démarche électorale qui viserait, selon lui, à favoriser certains acteurs ou à reproduire le pouvoir en place.
« Nous sommes pour les élections, mais pas pour une élection taillée sur mesure pour ceux qui veulent faire partie du pouvoir », soutient-il en substance.
Pour lui, les élections attendues doivent être organisées dans un contexte politique permettant au peuple haïtien de choisir librement les dirigeants auxquels il souhaite confier la gestion du pays.
Pour un exécutif bicéphale
Le Dr Louis-Charles estime par ailleurs qu’une nouvelle architecture politique est nécessaire avant d’aller vers les élections. Il plaide en faveur d’un gouvernement bicéphale, capable, selon lui, de créer les conditions nécessaires pour convoquer la population aux urnes dans un climat plus crédible et sécurisé.
Il critique notamment le rôle actuellement joué par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse de s’inscrire dans une logique de concentration des pouvoirs.
Se référant à la pensée de Montesquieu, notamment au principe de séparation des pouvoirs, le responsable de SAKAF/PIC-A rappelle que la concentration excessive des responsabilités entre les mains d’une seule autorité constitue, selon lui, un danger pour l’équilibre institutionnel.
À travers ses prises de position, le Dr Jean Ardouin Esther Louis-Charles appelle ainsi à une refondation du processus politique, à la restauration de l’autorité de l’État et à l’organisation d’élections qu’il souhaite libres, transparentes et véritablement représentatives de la volonté populaire.
Rédaction: Sinoïs Francius
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