Tomazo, Haïti
10 septembre 2026.

La commune de Tomazo a marqué, ce jeudi 10 septembre 2026, ses 200 années d’existence à l’occasion d’une cérémonie organisée à l’Hôtel Karibe Convention Center, en présence de plusieurs personnalités, dont l’ancien député Tomazo Price Cyprien, Me Nathaly Wakam Cyprien, le ministre du Commerce James Monazard, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales Paul Antoine Bien-Aimé, ainsi que plusieurs fils et filles de Tomazo venus prendre part à cette célébration.
Cette commémoration intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la commune, confrontée depuis plusieurs années au phénomène de l’insécurité. Tomazo se retrouve notamment dans une zone fortement affectée par les activités du groupe armé 400 Mawozo, dont l’emprise sur plusieurs axes de la région remonte à 2021, avant même l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Une commune qui continue de fonctionner malgré l’insécurité
Malgré l’absence de plusieurs structures essentielles de l’État, notamment des difficultés liées aux services de sécurité, au commissariat de police et au fonctionnement de la justice, la vie communautaire n’a pas totalement cessé à Tomazo.
La paroisse continue d’organiser des messes, les établissements scolaires poursuivent leurs activités, tandis que la mairie maintient son fonctionnement et tente de répondre aux besoins de la population.
Durant cette période de crise, l’administration municipale a également réalisé plusieurs travaux, notamment l’aménagement d’une place publique et la construction de plusieurs kilomètres de routes.
Paul Antoine Bien-Aimé salue les réalisations de la mairie
Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, s’est dit impressionné par les réalisations de l’administration municipale de Tomazo, compte tenu des conditions particulièrement difficiles dans lesquelles elle évolue.
Selon le ministre, il était difficile d’imaginer qu’une administration communale puisse continuer à fonctionner dans un contexte où plusieurs routes donnant accès à Tomazo sont fortement affectées par l’insécurité.
Paul Antoine Bien-Aimé a notamment salué les initiatives réalisées par la mairie dans différents domaines : projets communaux, animation et activités destinées aux jeunes, activités de vacances, aménagement de places publiques et construction de routes.
Le ministre a également présenté comme l’un des exemples les plus significatifs l’organisation des examens officiels, malgré les nombreuses contraintes liées à la situation sécuritaire.
Il a particulièrement félicité la maire principale de Tomazo, Josette Cyprien, estimant que son administration constitue un exemple de mobilisation des ressources de l’État et de la diaspora au service de la population.
Josette Cyprien affiche de grandes ambitions pour Tomazo
Dans son discours de circonstance, la maire principale de Tomazo, Josette Cyprien, a salué le soutien de la diaspora, du ministère de l’Intérieur, de la population de Tomazo ainsi que des maires des communes voisines.
L’édile a fait part de sa volonté de transformer progressivement Tomazo afin d’en faire l’une des plus belles communes d’Haïti.
Parmi ses priorités figurent notamment la création d’activités pour les jeunes, le développement de la formation professionnelle, la mise en place d’un espace universitaire, ainsi que la promotion de l’investissement local, de la diaspora et des investisseurs étrangers.
L’objectif affiché est de créer davantage d’emplois pour les jeunes et de donner à la population de nouvelles perspectives économiques.
Mais au-delà des infrastructures et des projets économiques, Josette Cyprien insiste sur une priorité fondamentale : le retour des institutions de l’État à Tomazo.
Pour la maire, la réouverture et le fonctionnement effectif des différentes institutions publiques constituent une condition essentielle pour permettre à la commune de retrouver une vie normale.
220 ans d’histoire, mais surtout un défi pour l’avenir
La célébration des 200 ans de Tomazo apparaît ainsi comme un moment à la fois commémoratif et symbolique. Elle met en lumière la capacité d’une communauté à maintenir ses activités malgré l’insécurité, tout en rappelant l’urgence d’un retour durable de l’État et de la sécurité publique.
À travers les discours prononcés lors de cette cérémonie, un même message semble se dégager : Tomazo veut continuer à vivre, se reconstruire et préparer son avenir malgré la crise qui frappe le pays.
Par Sinoïs Francius Production Sinoteam Media Info







