HAÏTI

L’ALLIANCE DES PICA DÉNONCE L’ÉCHEC SÉCURITAIRE DU GOUVERNEMENT ET EXIGE DES GARANTIES AVANT LES ÉLECTIONS

Port-au-Prince, 23 octobre 2026

L’Alliance des PICA tire la sonnette d’alarme face à la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti. Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 23 octobre, l’organisation a dénoncé la progression des violences armées, critiqué la gestion des autorités et appelé à faire de la sécurité une priorité avant la tenue des prochaines élections.
Dans ses déclarations, l’organisation, par la voix du Dr Jean Ardouin Esther Louis-Charles et de son porte-parole, Ernst Henri, a dressé un tableau préoccupant de la crise nationale. L’Alliance des PICA dénonce les activités des gangs armés, notamment celles de « Viv Ansanm », ainsi que la multiplication des assassinats, des enlèvements et des actes de violence qui continuent de menacer la vie des citoyens.
La structure politique évoque plusieurs zones affectées par l’insécurité, notamment Kenscoff, Pétion-Ville, La Saline, Bel-Air, Carrefour, Mirebalais, Gressier et Arcahaie. Elle estime que cette situation témoigne des difficultés persistantes de l’État à garantir la protection de la population et à rétablir un climat de sécurité sur le territoire national.
L’Alliance des PICA critique le CPT et le gouvernement
L’organisation met directement en cause le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, auxquels elle reproche l’absence de résultats suffisants face à l’insécurité. Selon l’Alliance des PICA, les engagements annoncés par les autorités n’ont pas permis de répondre aux préoccupations de la population, toujours confrontée à la peur, aux déplacements forcés et à la précarité.
L’organisation soulève également des interrogations sur la gestion des ressources publiques, évoquant un budget d’environ 40 milliards de gourdes. Elle dénonce ce qu’elle considère comme une mauvaise utilisation des fonds publics et réclame une gestion davantage orientée vers les besoins prioritaires du pays.
Par ailleurs, l’Alliance des PICA exprime ses préoccupations concernant la disparition de cinq soldats salvadoriens, un dossier qui, selon elle, soulève de nouvelles questions sur la situation sécuritaire et les mesures prises pour protéger le territoire national.
La sécurité avant les élections
Face aux incertitudes entourant le processus électoral, l’Alliance des PICA estime que l’organisation des élections ne peut être dissociée du rétablissement de la sécurité. Pour la structure, les citoyens doivent pouvoir participer librement et sereinement au scrutin, dans un environnement garantissant leur intégrité physique et leurs droits démocratiques.
L’organisation préconise ainsi la mise en place d’un pacte national de stabilité et d’organisation des élections, accompagné d’un mécanisme de concertation entre les acteurs politiques. Elle réclame également davantage de transparence, une gouvernance plus impartiale et des garanties institutionnelles permettant au Conseil électoral provisoire (CEP) de conduire le processus électoral dans des conditions crédibles et inclusives.
Le 13 décembre 2026, une échéance politique majeure
L’Alliance des PICA adresse également un avertissement politique au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant le calendrier électoral. Elle considère le 13 décembre 2026, date prévue pour le premier tour des élections selon le calendrier annoncé, comme une échéance déterminante pour les autorités.
L’organisation estime qu’à l’approche de cette date, le gouvernement doit apporter des réponses concrètes aux problèmes de sécurité et aux incertitudes qui entourent le processus électoral. Au-delà de cette échéance, elle affirme que la question de la responsabilité des dirigeants devra être posée avec davantage d’insistance.
À travers cette prise de position, l’Alliance des PICA appelle les autorités et les forces politiques à dépasser les déclarations d’intention pour privilégier des mesures concrètes susceptibles de répondre à la crise. Elle place ainsi la sécurité, la transparence de la gestion publique et la crédibilité des élections au cœur de ses revendications.
Alors que le pays reste confronté à une crise sécuritaire et politique persistante, la position de l’Alliance des PICA remet au centre du débat une question essentielle : comment organiser des élections crédibles lorsque les conditions de sécurité nécessaires à la participation de la population demeurent incertaines ?

Rédaction : Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO
Contact : (509) 3674-3106

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