HAÏTI

SOUS LES PLUIES DILUVIENNES, LES DÉPLACÉS DES CAMPS SE RÉVOLTENT ET EXIGENT L’INTERVENTION DU GOUVERNEMENT

Port-au-Prince, mardi 27 octobre 2026

Après près de quatre jours de pluies continues dans la capitale haïtienne, la situation devient de plus en plus difficile pour les personnes déplacées vivant dans des camps de fortune. Ce mardi matin, des résidents ont manifesté leur colère en brûlant des pneus et en lançant des pierres pour contraindre les autorités à leur venir en aide. La police est intervenue en tirant des gaz lacrymogènes sur les manifestants, déjà exaspérés par les conditions de vie difficiles qu’ils subissent.

Des familles à bout de patience

Selon les informations rapportées, l’eau envahit les tentes dans lesquelles vivent ces familles, les obligeant à passer leurs journées et leurs nuits dans des conditions extrêmement précaires. Entre l’eau stagnante, la boue, l’humidité et les moustiques, les risques sanitaires augmentent, tandis que les abris ne garantissent plus une protection suffisante contre les intempéries.

Face à cette situation, les personnes déplacées dénoncent le manque de réponses adaptées à l’urgence qu’elles traversent. Leur mobilisation traduit leur volonté d’obtenir une assistance immédiate, notamment des abris sûrs, des espaces secs et des conditions minimales de protection.

La colère monte au sein de ces communautés, où de nombreuses familles estiment être abandonnées à leur sort par les autorités. L’intervention policière et l’utilisation de gaz lacrymogènes contre les manifestants viennent ajouter de la tension à une situation déjà difficile.

La décision de déplacer les marchands suscite des inquiétudes

Parallèlement, le magistrat de la mairie de Port-au-Prince aurait pris la décision de déplacer les marchands de Lalue et de Bois-Verna afin qu’ils puissent installer leurs activités commerciales aux abords de Piyay Makèt, dans le secteur du Champ-de-Mars, en face du Palais national.

Toutefois, les marchands concernés auraient renoncé à s’y rendre par crainte de représailles de groupes armés opérant à Bel-Air et des risques d’affrontements avec la police.

Cette situation illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les commerçants dans une capitale où l’insécurité complique les déplacements et l’exercice des activités économiques.

Une urgence humanitaire qui ne peut plus attendre

Ce mardi matin, les pneus enflammés, les jets de pierres et les gaz lacrymogènes ont marqué la mobilisation dans certains secteurs de la capitale. Les personnes déplacées expriment leur exaspération face à des conditions de vie qui se détériorent sous l’effet des pluies et à ce qu’elles considèrent comme un manque d’assistance de la part de l’État.

Les habitants et les personnes qui fréquentent ces zones sont invités à faire preuve de prudence, compte tenu des risques de nouvelles tensions.

Au-delà des manifestations, l’urgence reste humanitaire. Les familles vivant dans les camps ont besoin d’abris adaptés, d’une assistance immédiate et de mesures concrètes pour les protéger contre les intempéries. Les autorités compétentes sont appelées à prendre des dispositions urgentes afin d’éviter une aggravation de leur situation.

Alors que les pluies persistent et que la colère gagne du terrain, une question demeure : comment l’État haïtien entend-il répondre à la détresse de ces familles déplacées, contraintes de passer leurs nuits dans l’eau et la boue, alors que leur mobilisation se heurte désormais à l’intervention de la police ?

Rédaction : Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO
Contact (509)3674-3106

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