Ayiti Pou Lapè réclame le départ d’Alix Didier Fils-Aimé et plaide pour un gouvernement neutre

PORT-AU-PRINCE, 12 octobre 2026

L’organisation Ayiti Pou Lapè a rencontré la presse, ce lundi 12 octobre, au restaurant Djoune Bar, situé à Delmas 48, afin de présenter sa position sur la crise politique que traverse Haïti. À cette occasion, son porte-parole, Nelus Nerius, a vivement critiqué la gestion du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, et réclamé son départ.
Selon Nelus Nerius, le chef du gouvernement n’a pas répondu aux principales attentes placées en lui après le départ du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février 2026. Il rappelle que les priorités annoncées étaient notamment le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections. Or, estime-t-il, ces objectifs n’ont toujours pas été atteints.
Le porte-parole d’Ayiti Pou Lapè critique également les exigences imposées aux partis politiques pour leur inscription dans le processus électoral, notamment celle de réunir 30 000 membres. Il souligne que, malgré les efforts déployés par les organisations politiques pour se conformer à ces conditions, le gouvernement a annoncé la tenue des élections à partir du 13 décembre 2026, un calendrier qu’il juge difficilement réalisable au regard de la situation sécuritaire du pays.
La structure politique du Premier ministre mise en question
Nelus Nerius exprime également ses préoccupations concernant la déclaration du Premier ministre, qui aurait reconnu disposer de sa propre structure politique appelée à participer aux prochaines élections.
Pour le porte-parole d’Ayiti Pou Lapè, cette situation soulève des interrogations sur la neutralité du gouvernement dans la conduite du processus électoral. Il affirme qu’à sa connaissance, de 1957 à 2016, aucun chef d’État haïtien n’avait mis sur pied sa propre structure politique dans les conditions qu’il dénonce aujourd’hui.
Dans ce contexte, il estime que plusieurs acteurs politiques ne seraient pas disposés à participer aux élections sous la conduite du gouvernement actuel. Cette position, selon lui, explique les démarches engagées en faveur d’une nouvelle entente politique.
Un accord pour un gouvernement neutre
Le responsable d’Ayiti Pou Lapè indique que plusieurs partis politiques ont récemment tenu une assise à laquelle son organisation a pris part. Les discussions portent sur la recherche d’un accord politique visant à mettre en place un gouvernement neutre, chargé de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, crédibles et inclusives.
Nelus Nerius reconnaît toutefois que cette initiative doit encore mobiliser davantage de secteurs de la société haïtienne. Il précise que certains acteurs n’ont pas encore signé le document issu des discussions, tout en affirmant que les démarches se poursuivent en vue d’aboutir prochainement à un accord.
Des réserves sur une sortie de crise par la Cour de cassation
Abordant les différentes pistes envisagées pour résoudre la crise institutionnelle, le porte-parole d’Ayiti Pou Lapè exprime ses réserves quant à la possibilité de confier le pouvoir à une personnalité issue de la Cour de cassation. Selon lui, une telle formule ne présenterait pas les garanties constitutionnelles nécessaires pour assurer une sortie de crise durable.
Face à ces incertitudes, Nelus Nerius réitère la position de son organisation : le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et la mise en place d’un gouvernement neutre, issu d’un accord politique suffisamment large pour favoriser la participation des différents secteurs à la recherche d’une solution à la crise.
Pour Ayiti Pou Lapè, l’enjeu central demeure la création de conditions politiques et sécuritaires permettant au pays de renouer avec un processus électoral crédible et de sortir de l’impasse institutionnelle.

Rédaction : Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO
Contact (509)3674-3106

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