D’ANCIENS EMPLOYÉS RÉCLAMENT LEURS ARRIÉRÉS DE SALAIRE, DIDIER BENEL CONTESTE TOUTE DETTE

PORT-AU-PRINCE, 13 octobre 2026
La situation des anciens employés de la compagnie publique Bus Dignité suscite de nouvelles tensions. Plusieurs d’entre eux, établis dans différentes villes de province, dénoncent les conditions dans lesquelles ils vivent depuis plusieurs années, affirmant être confrontés à d’importants arriérés de salaire qui les empêchent de subvenir aux besoins les plus élémentaires de leurs familles.
Selon ces employés, l’administration précédente, tout comme celle dirigée par l’actuel directeur général, Didier Benel, leur devrait plusieurs mois de salaire. Ils évoquent jusqu’à 48 mois d’arriérés, une situation qui, selon leurs témoignages, les place dans une précarité extrême. Entre les frais de scolarité de leurs enfants, le paiement du loyer et les dépenses alimentaires quotidiennes, ces travailleurs disent éprouver de grandes difficultés à joindre les deux bouts.
Face à cette situation, plusieurs anciens employés commencent à se mobiliser. Le mouvement concerne notamment des travailleurs des départements géographiques, parmi lesquels figureraient des employés ayant reçu des lettres de mise en disponibilité ainsi que d’autres qui, selon leurs déclarations, continuent d’attendre le paiement de leurs salaires.
Didier Benel rejette les accusations
En réponse à ces contestations, le directeur général de Bus Dignité, Didier Benel, a rejeté les accusations portées contre son administration lors d’une conférence de presse organisée le mardi 13 octobre 2026.
Le responsable affirme ne devoir aucune somme aux anciens employés concernés. Selon lui, si des arriérés de salaire atteignent effectivement 60 mois, soit cinq années, ils ne peuvent être imputés à l’administration qu’il dirige, puisqu’il n’est en fonction que depuis deux ans et deux mois.
Didier Benel conteste ainsi toute responsabilité de son administration dans les dettes salariales dénoncées par les anciens travailleurs. Sa position soulève toutefois la question de la prise en charge des obligations héritées des administrations précédentes et des dispositions qui pourraient être prises pour permettre aux employés concernés de percevoir les sommes qu’ils estiment leur être dues.
De sept à trente autobus : le bilan mis en avant par la direction
Au cours de cette même conférence de presse, Didier Benel a également défendu le bilan de son administration sur le plan du fonctionnement de la compagnie.
Le directeur général rappelle qu’au moment du lancement de ses activités à Delmas 34, Bus Dignité ne disposait que de sept autobus, un chiffre qui, selon lui, était connu du public. Deux ans plus tard, la flotte serait passée à une trentaine d’autobus.
Il explique que des véhicules auparavant en panne ont été réparés et remis en service afin de renforcer les capacités opérationnelles de la compagnie, aussi bien dans la région métropolitaine de Port-au-Prince que dans les villes de province.
Ces chiffres, avancés par le directeur général, constituent l’un des principaux arguments qu’il met en avant pour illustrer les efforts de redressement de l’institution. Ils ne répondent cependant pas, à eux seuls, aux préoccupations salariales exprimées par les anciens employés.
Une crise sociale qui interpelle la direction
Au-delà des divergences entre les versions des anciens employés et celles du directeur général, la situation met en lumière les difficultés sociales auxquelles sont confrontés des travailleurs qui affirment attendre depuis des années le paiement de leurs rémunérations.
Dans un pays marqué par une profonde crise économique, l’insécurité et la hausse du coût de la vie, plusieurs mois sans salaire peuvent avoir des conséquences considérables sur les conditions d’existence des familles. Pour les employés concernés, l’incertitude entourant le règlement de leurs arriérés complique davantage la satisfaction de besoins aussi fondamentaux que l’alimentation, le logement et l’éducation des enfants.
Les anciens travailleurs attendent donc des réponses concrètes concernant la vérification de leurs créances, la détermination des responsabilités entre les différentes administrations et les éventuelles modalités de paiement.
Certains estiment que le directeur général ne devrait pas perdre de vue la dimension humaine de ce dossier. Ils rappellent que derrière les chiffres et les différends administratifs se trouvent des hommes et des femmes qui cherchent à préserver leur dignité et à répondre aux besoins de leurs proches.
Ils espèrent que la direction de Bus Dignité et les autorités compétentes privilégieront le dialogue et la recherche d’une solution durable plutôt que de laisser perdurer une situation qui fragilise davantage les travailleurs concernés.
Entre les dénégations de Didier Benel et les revendications des anciens employés, une question demeure : qui prendra effectivement en charge le règlement des arriérés de salaire réclamés, et dans quels délais ?
Redaction ;Sinoïs Francius
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