LUTTE CONTRE LES GANGS : DES RENFORTS SALVADORIENS DÉPLOYÉS, « CHIEN MÉCHANT » ET « LAMÒ 100 JOU » DANS LE VISEUR D’UNE OPÉRATION PRÉSUMÉE


Port-au-Prince, 27 octobre 2026
La lutte contre les groupes armés en Haïti semble entrer dans une nouvelle phase avec le renforcement du contingent salvadorien déployé dans le pays, à la suite de la disparition de quatre techniciens de l’aviation militaire du Salvador, le 18 octobre dernier, dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets.
Selon plusieurs informations de presse, le président salvadorien Nayib Bukele a envoyé des renforts militaires en Haïti pour participer aux recherches visant à retrouver les quatre ressortissants disparus. Le contingent salvadorien déployé dans le cadre de la Force de répression des gangs (FRG) aurait atteint environ 450 militaires, d’après des informations rapportées par la presse haïtienne et salvadorienne. Ce chiffre n’a toutefois pas été confirmé officiellement dans les sources consultées.
Des renforts militaires et des moyens aériens mobilisés
Les renforts comprennent notamment des membres des forces spéciales ainsi que du personnel technique et aéronautique. Le déploiement s’inscrit dans les efforts visant à retrouver les quatre techniciens et à soutenir les opérations de sécurité dans la Plaine du Cul-de-Sac.
Le mandat du contingent salvadorien comprend des capacités aériennes destinées notamment au soutien logistique et aux évacuations médicales. L’autorisation de déployer des hélicoptères constitue un élément important de ce dispositif, particulièrement dans des secteurs où les affrontements compliquent les déplacements terrestres.
Toutefois, il convient de distinguer les missions officiellement annoncées des informations faisant état d’une éventuelle participation directe de soldats salvadoriens à des opérations offensives contre les gangs.
« Chien Méchant » et « Lamò 100 Jou » cités parmi les groupes ciblés
Parallèlement, des informations non encore confirmées de manière indépendante font état d’une opération de grande envergure dans plusieurs secteurs de la Plaine du Cul-de-Sac, notamment à Santo, à Croix-des-Missions et à Croix-des-Bouquets.
Les groupes armés associés aux chefs connus sous les noms de « Chien Méchant » et « Lamò 100 Jou » seraient concernés par ces opérations présumées.
Selon les informations rapportées, des positions attribuées à « Lamò 100 Jou » auraient été visées par des drones explosifs. Une habitation présentée comme un refuge du groupe aurait subi d’importants dégâts, poussant certains individus armés à quitter les lieux.
D’autres informations évoquent un possible déplacement de chefs de gang vers la zone de Canaan. Néanmoins, leur localisation actuelle, l’ampleur des éventuelles frappes et le bilan des affrontements restent à établir.
En l’absence de confirmation des autorités haïtiennes ou de la Force de répression des gangs, ces éléments doivent être considérés comme des informations préliminaires.
Des civils exposés aux violences
La population civile demeure l’une des principales victimes de cette dégradation de la situation sécuritaire.
Des informations non vérifiées signalent que des habitants de Santo 17, Santo 19 et Santo 11 rencontreraient des difficultés pour quitter certaines zones sous influence des groupes armés. Certains seraient contraints de payer de l’argent pour pouvoir circuler, tandis que d’autres seraient empêchés de partir et risqueraient d’être utilisés comme boucliers humains.
Si ces allégations sont confirmées, elles soulèveraient de graves préoccupations concernant la protection des civils et le respect du droit international humanitaire.
Les habitants de ces secteurs se retrouvent ainsi confrontés à une double menace : les violences exercées par les groupes armés et les risques liés aux opérations de sécurité menées dans des zones densément peuplées.
La Task Force également engagée à Bel-Air
Dans la capitale, la Task Force de la Police nationale d’Haïti aurait également poursuivi ses interventions dans le secteur de Bel-Air, confronté depuis plusieurs années à des violences armées et à des enlèvements.
Des informations font état de la mort d’hommes armés lors de certaines interventions. Cependant, aucun bilan détaillé et indépendamment vérifié n’est disponible pour établir le nombre de victimes ou mesurer précisément les résultats de ces opérations.
La coordination entre la police haïtienne et les forces internationales demeure un enjeu majeur pour limiter les capacités des groupes armés, sécuriser les quartiers affectés et permettre aux habitants de reprendre progressivement leurs activités.
Le sort des quatre techniciens salvadoriens reste une préoccupation majeure
La disparition des quatre techniciens salvadoriens constitue le principal élément déclencheur du renforcement militaire annoncé par San Salvador.
Leur véhicule blindé avait été attaqué le 18 octobre dans la région de Croix-des-Bouquets. Les quatre hommes avaient quitté le véhicule incendié, après quoi les autorités avaient perdu leur trace. Le gouvernement haïtien avait ensuite indiqué que leur enlèvement constituait une priorité absolue.
Le 26 octobre, des informations faisaient également état de restes humains retrouvés en Haïti, dont l’identité n’était pas définitivement établie. Le président Nayib Bukele a contesté leur attribution aux quatre Salvadoriens disparus. Des vérifications étaient nécessaires pour déterminer s’il existait un lien avec cette affaire.
Au-delà des renforts militaires et de l’intensification des recherches, deux questions restent donc essentielles : où se trouvent les quatre techniciens salvadoriens et dans quelle mesure les opérations en cours permettront-elles de réduire durablement la menace des groupes armés dans la Plaine du Cul-de-Sac ?
Rédaction : Sinoïs Francius
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