Haïti : le Congrès Wanament et ses alliés réclament le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-AiméPétion-Ville, le 21 juillet 2026 – Le Congrès Wanament et plusieurs organisations alliées ont tenu, mardi, une conférence de presse à l’hôtel Ritz Kinam de Pétion-Ville pour réclamer la démission du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les organisateurs l’accusent d’incapacité à résoudre la crise politique, de corruption, de détournement de fonds publics, de mauvaise gouvernance et de mensonges.Selon eux, la mission confiée au chef du gouvernement était de rétablir la sécurité, d’organiser un référendum constitutionnel et de conduire le pays vers des élections. Plus de vingt mois après son arrivée au pouvoir, ils estiment qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint.Le coordonnateur national du MOPAPEP, Kindjòs Thelusma, allié du Congrès Wanament, a dressé un bilan des cinq dernières années de crise. Revenant sur l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, il a dénoncé une succession de gouvernements de transition, d’Ariel Henry au Conseil présidentiel de transition puis à Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse de n’avoir apporté aucune solution aux problèmes du pays. Il a évoqué la disparition des principales institutions démocratiques, l’aggravation de l’insécurité, les massacres, la corruption ainsi que le déplacement massif des populations, estimant qu’Haïti est devenue un « territoire perdu ».Intervenant au nom de l’organisation Wi Nou Kapab, Nadine R. Royène s’en est prise à la ministre à la Condition féminine, Pétrica Saint-Jean. Elle lui reproche de ne pas répondre aux difficultés auxquelles sont confrontées les femmes haïtiennes, notamment les déplacées vivant dans les camps, victimes de violences sexuelles, privées de conditions de vie dignes et d’accès à l’éducation. Elle a également dénoncé l’absence de véritables politiques publiques en faveur des femmes et des jeunes filles.Pour sa part, Daniel E. Franklin, représentant de la Coalition des organisations nationales pour sauver Haïti (CONASA), a dénoncé les conséquences de la crise institutionnelle sur la population. Il affirme qu’environ six milliards de dollars américains issus du Trésor public auraient été détournés entre les administrations d’Ariel Henry et d’Alix Didier Fils-Aimé, accusant les autorités de s’être enrichies au détriment de la population. Il a appelé les citoyens à se mobiliser pour exiger le départ du Premier ministre, dénonçant également la dégradation continue de la sécurité, notamment dans l’Artibonite et à Kenscoff, où des attaques meurtrières de gangs armés se poursuivent.Au nom du Congrès Wanament, Guiteau François a présenté une proposition de sortie de crise. L’organisation préconise la mise en place d’un gouvernement bicéphale, composé d’un président issu de la Cour de cassation et d’un Premier ministre provenant de la société civile, afin de mettre fin à la transition actuelle.Le Congrès Wanament propose également une feuille de route articulée autour de cinq priorités : l’organisation d’un dialogue national inclusif réunissant les forces vives du pays et de la diaspora ; une réponse urgente à la crise sécuritaire ; la relance des grands chantiers économiques, notamment en faveur des quelque 1,5 million de personnes déplacées ; la préparation d’élections libres, transparentes et démocratiques ; enfin, le renforcement des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale afin de lutter contre le gaspillage et la mauvaise gestion des fonds publics.Cette conférence de presse marque une nouvelle prise de position de l’opposition, qui appelle à un changement de gouvernance et à une redéfinition des objectifs de la transition politique en Haïti.

Sinois Francius
PDG – Sinoteam Media Info
Tel. 3674-3106

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