Éditorial
SinoTeam Media Info

En Haïti, voyager d’une ville à l’autre n’est plus un simple déplacement. C’est devenu, pour des milliers de citoyens, une véritable épreuve de survie.
De Port-au-Prince aux Gonaïves, la Route nationale numéro 1 s’est transformée, sur plusieurs tronçons, en un véritable corridor de la peur. Téléphones interdits, checkpoints, fouilles, barricades et présence d’hommes lourdement armés : le voyageur doit désormais traverser ces zones avec la peur au ventre.
De Canaan à l’Arcahaie, de la Côte des Arcadins à Montrouis, puis dans l’Artibonite jusqu’à La Croix-Périsse, l’insécurité impose sa loi et transforme chaque déplacement en parcours à haut risque.
Mais le problème ne se limite pas au Nord et à l’Artibonite.
Dans le Grand Sud, la situation est également préoccupante. Sur les axes reliant la capitale aux Cayes, aux Nippes et à Jérémie, les voyageurs doivent traverser des zones particulièrement fragiles, notamment Martissant, Carrefour et Gressier. Pour les chauffeurs comme pour les passagers, chaque passage peut devenir une source d’angoisse.
Plus inquiétant encore, certains voyageurs doivent payer des postes de péage ou des sommes exigées sur leur parcours, sans pour autant bénéficier d’une quelconque garantie de sécurité. Payer pour continuer sa route ne devrait jamais signifier accepter le risque d’être dépouillé, agressé ou pris pour cible.
Cette situation pose une question fondamentale : où est le droit à la libre circulation des citoyens ?
Un pays ne peut fonctionner normalement lorsque ses routes nationales deviennent des frontières intérieures, lorsque les familles ont peur d’envoyer leurs proches d’une ville à l’autre et lorsque les chauffeurs prennent la route en sachant qu’ils peuvent ne pas arriver à destination.
La sécurité routière ne doit pas être considérée comme un privilège. Elle est un droit fondamental.
SinoTeam Media Info estime qu’il est urgent que les autorités prennent des mesures concrètes pour sécuriser les grands axes routiers du pays, protéger les voyageurs et garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Car aujourd’hui, le problème n’est plus seulement de savoir où l’on va, mais surtout de savoir si l’on arrivera vivant à destination.
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