ÉDITORIAL

Discours violents, mensongers et destructeurs : quand des politiciens montent les citoyens les uns contre les autres

Dans une société déjà fragilisée par les crises, la multiplication des discours violents, mensongers et destructeurs de certains acteurs politiques, professeurs, intellectuels et autres personnalités publiques doit interpeller la conscience collective.

Le plus préoccupant est lorsque la parole politique devient un instrument destiné à dresser les citoyens les uns contre les autres. Dans un pays qui a besoin de dialogue, de cohésion et de responsabilité, certains discours peuvent contribuer à approfondir les divisions et à transformer les désaccords politiques en conflits entre citoyens.

Pendant que ces discours sont prononcés, des femmes, des hommes, des enfants, des amis et surtout des jeunes les écoutent. Pourtant, les mêmes responsables affirment souvent que « les jeunes sont l’avenir du pays ».

Mais quel avenir préparons-nous si, au lieu d’inculquer à cette jeunesse le respect, la tolérance, la responsabilité et l’amour de la patrie, nous lui transmettons la méfiance, la haine, l’intolérance et la confrontation ?

Un politicien qui cherche à opposer une partie de la population à une autre doit mesurer la portée de ses paroles. Les citoyens ne devraient pas devenir les instruments des ambitions personnelles ou des stratégies politiques.

La politique devrait être un moyen de proposer, de convaincre et de servir la collectivité, et non une machine destinée à fabriquer des ennemis entre voisins, entre familles ou entre compatriotes.

La liberté d’expression est fondamentale. La critique politique est nécessaire. Mais aucune liberté ne devrait être utilisée pour propager volontairement le mensonge, attiser la haine ou encourager les citoyens à s’affronter.

Haïti n’a pas besoin de politiciens qui montent les Haïtiens les uns contre les autres. Elle a besoin de responsables capables de rapprocher les citoyens, de calmer les tensions et de proposer une vision pour l’avenir.

À ceux qui répètent que « la jeunesse est l’avenir du pays », une question s’impose : quelles valeurs sommes-nous réellement en train de lui transmettre ?

Car les jeunes n’écoutent pas seulement nos discours. Ils observent nos comportements.

Et si nous voulons réellement construire une autre Haïti, commençons par apprendre à débattre sans nous haïr, à nous opposer sans nous détruire et à défendre nos convictions sans transformer notre compatriote en ennemi.

La politique peut diviser un peuple ou contribuer à le rassembler. Le choix appartient à ceux qui prennent la parole au nom de la société.

Éditorial de Sinoïs Francius
Production : Sinoteam Media Info

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