LA REDIENAH DÉNONCE LA DÉGRADATION DES ÉCOLES NATIONALES ET INTERPELLE L’ÉTAT
Port-au-Prince, 1er septembre 2026

Le Regroupement des Directeurs d’Écoles Nationales d’Haïti (REDIENAH) a tenu ce mardi une conférence de presse pour dresser un bilan de la situation des écoles nationales, à quelques jours de la rentrée scolaire prévue pour le 7 septembre 2026.
Les responsables de la REDIENAH ont dénoncé les difficultés financières, le manque de moyens matériels, la dégradation des infrastructures scolaires ainsi que les conséquences de l’insécurité sur le fonctionnement des établissements publics.
Le FNE au cœur des préoccupations
Le coordonnateur général de la REDIENAH, Pierre Anio, a particulièrement soulevé la question de la gestion du Fonds national de l’Éducation (FNE) et des ressources destinées au fonctionnement des écoles nationales.
Il a notamment critiqué la gestion des anciennes directions du FNE, citant l’ancien directeur Elysée Colagène, à qui la REDIENAH reproche la situation difficile de plusieurs établissements scolaires.
L’organisation rappelle également l’existence du document financier intitulé « Ébauche », élaboré en octobre 2011 comme manuel de gestion financière des écoles publiques.
Selon Pierre Anio, plusieurs allocations annoncées au profit des écoles n’auraient pas été versées comme prévu. Il cite notamment une allocation de 200 gourdes par élève, ainsi qu’un premier versement de 400 gourdes par élève effectué le 10 avril 2026, alors qu’un deuxième versement annoncé n’aurait jamais été effectué.
La rentrée scolaire du 7 septembre
Le trésorier de la REDIENAH, Desinor Guyel, a salué la décision du ministère de l’Éducation nationale de maintenir la rentrée scolaire au 7 septembre 2026 et félicité le ministre Vijionet Desmeros.
Il appelle toutefois les autorités à tenir compte de la situation économique des familles, notamment celles déplacées par la violence des gangs.
La REDIENAH évoque également une enveloppe de 2,5 milliards de gourdes qui aurait été débloquée par le gouvernement à travers le FAES pour soutenir les parents en difficulté.
Mais, selon l’organisation, plusieurs familles déplacées auraient perdu leurs documents ainsi que leurs accès à MonCash et NatCash. Elle propose donc la création d’une commission réunissant des représentants du gouvernement et de la REDIENAH afin de faciliter leur accompagnement.
Le PNCS interpellé
La REDIENAH demande également au Programme national de cantines scolaires (PNCS) de garantir la présence de repas dans les écoles nationales, particulièrement dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, fortement affectés par l’insécurité.
Elle appelle aussi les autorités compétentes à faciliter l’accès aux écoles pour les enfants portant leur uniforme, afin qu’ils puissent se rendre en classe et rentrer chez eux dans de meilleures conditions.
Les chiffres présentés par Léo Lutolu
La REDIENAH a par ailleurs fait référence à un document présenté le 27 août 2026 par l’UPEP de Léogâne, avec la participation de Léo Lutolu. Les chiffres cités proviennent de ce document et sont attribués à son auteur.
Selon les données présentées, l’École nationale Fortuna Guéry, qui comptait 245 élèves, serait aujourd’hui réduite à 7 élèves.
Le document indique également que le Lycée Marie-Jeanne, qui disposait de 46 salles de classe pour environ 5 000 élèves, fonctionnerait actuellement avec 6 salles de classe et environ 600 élèves.
Toujours selon les chiffres présentés par Léo Lutolu, 558 écoles privées et 58 écoles publiques auraient fermé à Port-au-Prince. Sur les 11 lycées de la capitale, seul le Lycée Jacques Roumain de Grand-Ravine serait encore dans son local.
À Croix-des-Bouquets, le document fait état de 843 écoles, dont une grande partie seraient fermées.
Le FNE appelé à reconstruire les écoles
Face à cette situation, la REDIENAH demande que les ressources du FNE soient prioritairement consacrées à la reconstruction et à la réhabilitation des écoles publiques.
L’organisation estime que le Fonds national de l’Éducation doit rester au service du système éducatif et ne pas être utilisé pour soutenir des intérêts politiques.
À quelques jours de la rentrée scolaire, la REDIENAH appelle donc l’État à prendre des mesures urgentes afin de garantir aux enfants des écoles fonctionnelles, sécurisées et dotées des moyens nécessaires à leur apprentissage.
Rédaction : Sinoïs Francius
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