CRISE POLITIQUE : L’OPPOSITION PROGRESSISTE DÉNONCE UNE « FUITE EN AVANT ÉLECTORALE »

Pétion-Ville, 2 septembre 2026

Le processus électoral engagé par les autorités haïtiennes continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Dans un communiqué rendu public ce mercredi, l’Opposition progressiste dénonce ce qu’elle qualifie de « fuite en avant électorale », estimant que les conditions politiques, sécuritaires et institutionnelles ne permettent pas, à ce stade, d’organiser des élections crédibles et inclusives.
Pour les organisations signataires, la priorité ne devrait pas être la poursuite précipitée du calendrier électoral, mais plutôt la recherche d’une véritable solution à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Elles considèrent que l’insécurité persistante constitue l’un des principaux obstacles à la participation citoyenne et à l’organisation d’un scrutin répondant aux exigences démocratiques.
Une situation sécuritaire jugée incompatible avec des élections crédibles
Dans leur document, les acteurs de l’Opposition progressiste mettent particulièrement l’accent sur l’aggravation de la situation sécuritaire. Ils évoquent notamment les massacres, les déplacements forcés de populations et la crise humanitaire qui continue d’affecter plusieurs régions du pays.
Selon eux, une partie importante de la population demeure confrontée à l’insécurité et à des conditions de vie extrêmement difficiles. Dans ce contexte, la capacité réelle des citoyens à participer librement au processus électoral est remise en question.
Les signataires dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la situation sécuritaire à des fins politiques. Ils estiment que la question de la sécurité ne peut être dissociée des conditions nécessaires à l’organisation d’élections transparentes et représentatives.
Des inquiétudes autour des données personnelles
L’Opposition progressiste soulève également la question de la protection des données personnelles dans le cadre des opérations d’inscription électorale.
Les signataires expriment leurs préoccupations concernant l’utilisation présumée, sans consentement, de données personnelles ainsi que de NINU de certains citoyens. Ils demandent davantage de garanties sur la manière dont ces informations sont recueillies, utilisées, conservées et protégées.
Pour ces acteurs, la confiance des citoyens constitue un élément essentiel de tout processus électoral. Ils réclament donc davantage de transparence de la part des institutions concernées afin d’éviter toute utilisation abusive ou contestable des données de la population.
Le décret électoral également contesté
Sur le plan institutionnel, le communiqué formule par ailleurs des réserves concernant certaines dispositions du décret électoral.
Les signataires estiment que le Conseil électoral provisoire (CEP) disposerait, à travers certaines dispositions, de prérogatives qui dépasseraient son mandat constitutionnel. Cette question, selon eux, mérite d’être examinée avant la poursuite du processus.
L’Opposition progressiste entend ainsi placer le débat électoral dans un cadre plus large, incluant la légalité des mécanismes mis en place, la transparence institutionnelle et le respect des principes démocratiques.
Les organisations signataires
Le communiqué porte les signatures de plusieurs responsables et représentants de différentes structures politiques.
Il est signé par Député Jonas Coffy, pour le Consensus Politique ; Ing. Saint-Armand Delissaint, pour l’Opposition Plurielle ; Me Jeantel Joseph, également pour l’Opposition Plurielle ; Prof. Delson Cius, pour l’Accord Montana ; Me Francisco Alcide, pour l’Accord Montana ; Marc-Arthur Mesidor, pour Konviksyon pou Chanjman ; et Ing. Jonas Jean Félix, pour le MOPELID.
La diversité des structures représentées dans cette déclaration traduit, selon les signataires, une volonté de maintenir une position commune face à la manière dont le processus électoral est actuellement conduit.
La sécurité et la confiance avant les élections
Face à cette situation, les signataires appellent à une refondation de la gouvernance politique. Ils soutiennent que la sécurité, la justice, la stabilité institutionnelle et la restauration de la confiance citoyenne doivent constituer des priorités avant toute démarche électorale.
L’Opposition progressiste ne rejette donc pas uniquement le calendrier électoral : elle remet surtout en question les conditions dans lesquelles celui-ci est poursuivi.
Pour ces acteurs politiques, organiser des élections dans un environnement marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et une profonde crise de confiance risquerait de renforcer les divisions plutôt que de contribuer à une sortie durable de la crise.
Le débat autour du processus électoral devrait ainsi continuer à alimenter les discussions politiques dans les prochains jours, alors que plusieurs secteurs de la société haïtienne réclament des garanties sur la sécurité, la transparence du processus et la participation effective de la population.

Rédaction: Sinoïs Francius
Production: Sinoteam Media Info
Sinoïs Francius

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