À l’occasion de la célébration de la Fête nationale du Travail et de l’Agriculture en Haïti, le secrétaire général du Regroupement des Modernistes pour l’Économie et la Démocratie (REMED), Jean Ronel Sistanis, a pris position sur les grands enjeux liés au travail, à l’agriculture, à la sécurité et au processus électoral dans le pays.

Dans une déclaration sans détour, le dirigeant politique a vivement critiqué les autorités étatiques qu’il accuse d’instrumentaliser cette date symbolique à des fins personnelles, au détriment des véritables préoccupations de la population. Sur la question agricole, il déplore l’absence de politiques publiques structurées capables d’accompagner efficacement les agriculteurs. Selon lui, le pays ne dispose ni de stratégie d’industrialisation des produits agricoles, ni de mécanismes de conservation et de transformation adaptés. Une situation qui fragilise la disponibilité continue de produits essentiels tels que la banane, le manguier, l’orange ou encore l’ananas.

Abordant la problématique du travail, Jean Ronel Sistanis dresse un constat alarmant. Il évoque une situation « catastrophique » marquée par l’absence de stabilité politique et économique, décourageant les investissements et la création d’emplois. Il critique également le non-respect des dispositions légales relatives à l’ajustement du salaire minimum face à l’augmentation du coût de la vie, soulignant que toute tentative d’amélioration salariale survient souvent dans un climat de tensions sociales et de répression.

Sur le plan sécuritaire, le secrétaire général du REMED dénonce une gestion inefficace de la lutte contre l’insécurité. Il remet notamment en question l’usage des drones, qu’il juge peu dissuasif face aux groupes armés, capables selon lui de se reconstituer rapidement. Il accuse également certains secteurs, tant publics que privés, de tirer profit de la crise sécuritaire, ce qui freinerait toute volonté réelle de résolution. À titre d’exemple, il cite la route de Kay Jacques, désormais sous contrôle de groupes armés, entravant la circulation vers le Grand Sud. Il lance un appel au directeur général de la Police nationale afin de reprendre le contrôle de zones stratégiques, notamment dans la commune de Berlance.

Enfin, sur la question électorale, le REMED estime que la tenue d’élections reste possible d’ici la fin de l’année 2026, à condition d’une réelle volonté politique. Le parti critique la prolongation de la transition, qu’il considère inefficace et déconnectée des attentes populaires. Selon Jean Ronel Sistanis, l’organisation d’élections constitue une étape essentielle pour sortir le pays de l’impasse institutionnelle, même avec une faible participation.

À travers cette prise de position, le REMED appelle à une réorientation urgente des priorités nationales, en faveur de politiques publiques concrètes et d’un retour à l’ordre démocratique.

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