Me Newton Louis Saint-Juste commente la décision du jury fédéral de Miami dans l’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse »

Un jury fédéral siégeant à Miami, en Floride, a reconnu coupables, le 8 mai 2026, quatre hommes impliqués dans le complot ayant conduit à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Cette décision marque une nouvelle étape dans le volet américain de cette affaire. Me Newton Louis Saint-Juste a réagi à ce verdict, estimant qu’il s’inscrit dans un cadre juridique strict encadrant les crimes transnationaux jugés aux États-Unis.

Les quatre personnes reconnues coupables sont Antonio Intriago, dirigeant de la société de sécurité basée en Floride Counter Terrorism Unit Federal Academy (CTU), son associé Arcangel Pretel Ortiz, le financier Walter Veintemilla ainsi que James Solages, présenté comme représentant de la CTU en Haïti et coordinateur des opérations liées au complot.

Selon le verdict rendu par le jury fédéral, les accusés ont été déclarés coupables de complot visant à tuer ou enlever un dirigeant étranger, ainsi que d’avoir fourni un soutien matériel à l’assassinat du président haïtien. Avec cette nouvelle décision judiciaire, le nombre total de personnes condamnées aux États-Unis dans cette affaire s’élève désormais à neuf, après les plaidoyers de culpabilité enregistrés auparavant dans le même dossier.

Me. Newton Louis Saint-Juste a expliqué que la justice américaine s’est appuyée sur des dispositions du code pénal fédéral américain permettant de poursuivre toute personne ayant organisé ou financé, depuis les États-Unis, un projet criminel impliquant l’enlèvement ou l’assassinat d’un dirigeant étranger. Selon lui, une loi américaine datant de 1994 interdit également l’organisation, depuis le territoire américain, d’opérations violentes contre des pays considérés comme alliés des États-Unis.

D’après les éléments évoqués durant le procès, les enquêteurs américains soutiennent qu’un groupe d’individus aurait utilisé des ressources et financements provenant des États-Unis afin de recruter des hommes à l’étranger pour intervenir en Haïti dans le but de provoquer un changement de pouvoir favorable à certains intérêts économiques liés notamment à la sécurité, à la construction et aux infrastructures. Les procureurs américains ont qualifié cette opération de tentative de coup d’État ayant finalement conduit à l’assassinat du chef de l’État.

Les avocats de la défense ont toutefois rejeté cette version des faits durant les audiences. Selon eux, le président Jovenel Moïse était déjà mort lorsque les membres du commando sont arrivés dans la résidence présidentielle. Ils ont également soutenu que des éléments de la sécurité présidentielle haïtienne pourraient être impliqués dans le meurtre. Les procureurs ont répondu que plusieurs plans avaient été préparés dès avril 2021, notamment un projet d’empoisonnement, une tentative visant à forcer le président à signer sa démission ainsi qu’un scénario d’enlèvement avant l’option de l’assassinat.

Me Newton Louis Saint-Juste a également souligné les différences entre les systèmes judiciaires haïtien et américain. Il a rappelé qu’aux États-Unis, un appel en matière pénale n’a pas d’effet suspensif, ce qui signifie que la condamnation demeure valide pendant la procédure d’appel. En Haïti, au contraire, certaines décisions peuvent être suspendues lorsqu’un recours est introduit devant une juridiction supérieure. Il a aussi précisé que le jury américain statue uniquement sur la culpabilité ou la non-culpabilité, alors que la détermination des peines revient ensuite au juge.

La prochaine étape du dossier est prévue pour le 28 juillet 2026, date à laquelle les quatre condamnés devraient connaître leur sentence. Ils risquent la prison à perpétuité. Par ailleurs, un autre accusé dans cette affaire, Christian Emmanuel Sanon, doit être jugé séparément dans les prochains mois. Pendant ce temps, en Haïti, l’enquête judiciaire se poursuit encore autour du financement et des ramifications internationales du crime. Trois ans après l’assassinat du président, le dossier continue de révéler les failles profondes des institutions et les connexions transnationales entourant cette affaire.

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