Port-au-Prince, 13 août 2026 — Alors que les autorités haïtiennes multiplient les démarches en vue de l’organisation des prochaines élections, des acteurs politiques continuent d’exprimer de sérieuses réserves sur la crédibilité du processus électoral.

Selon le Dr A5doin Esther Louis Charles, dirigeant de Nouvel Ordre d’Haïti et de l’Accord de la Caraïbe, plusieurs étapes importantes du processus sont déjà engagées. Il cite notamment l’inscription des partis politiques, l’enregistrement des regroupements de partis et des plateformes politiques, l’inscription des électeurs, ainsi que la publication du calendrier et du décret électoral.
Ces avancées, reconnues par l’acteur politique, ne suffisent toutefois pas à établir sa confiance dans le processus.
Le Dr Ardoin Esther Louis Charles estime notamment que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pourrait, selon lui, disposer de proches ou de regroupements politiques susceptibles de participer aux prochaines élections. Il s’interroge ainsi sur la neutralité du pouvoir exécutif dans l’organisation du scrutin et sur les garanties offertes aux différents acteurs politiques.
« On est devant un dilemme : soit on choisit les élections, soit on choisit une nouvelle transition. Les deux options doivent permettre d’aboutir à la même solution : doter le pays d’un pouvoir légitime », soutient-il.
Pour le dirigeant politique, le problème ne réside donc pas uniquement dans la tenue matérielle des élections, mais également dans la confiance que les acteurs doivent accorder à ceux qui sont chargés de les organiser.
Il affirme que des regroupements politiques déjà inscrits au processus auraient exprimé leur volonté de ne pas participer au scrutin, ce qui, selon lui, risque de fragiliser davantage la légitimité des résultats.
Le Dr Ardoin Louis Charles reconnaît néanmoins que, dans certaines démocraties comme les États-Unis, les règles encadrent la participation politique des formations partisanes et les rapports entre le pouvoir et les partis. Mais il estime que le contexte haïtien exige des garanties supplémentaires afin d’éviter que les prochaines élections ne soient perçues comme un processus contrôlé ou orienté par les acteurs au pouvoir.
Cette position intervient alors que le gouvernement et le Conseil électoral provisoire poursuivent les préparatifs électoraux. Le CEP affirme de son côté vouloir accomplir sa mission dans le respect de son indépendance et des principes démocratiques.
Le débat demeure donc ouvert : faut-il privilégier la tenue des élections dans les délais annoncés, malgré les contestations et les soupçons de certains acteurs, ou rechercher un nouvel arrangement politique avant d’aller aux urnes ?
Pour le Dr Ardoin Esher Louis Charles, la question centrale reste celle de la crédibilité, de l’inclusivité et de la neutralité du processus électoral.






