RédactionOpposition plurielle : le processus électoral contesté et mobilisation annoncée pour le 22 aoûtPar SinoTeam Media InfoPort-au-Prince, 18 août 2026Le débat autour de la tenue des prochaines élections en Haïti prend une nouvelle tournure. Des responsables de l’Opposition plurielle contestent la faisabilité du processus électoral dans les conditions actuelles et dénoncent l’insécurité qui, selon eux, empêche une partie importante de la population d’exercer son droit de vote.Cette position avait déjà été exprimée publiquement par plusieurs responsables de l’Opposition plurielle, qui conditionnent la participation électorale à l’existence de garanties minimales de sécurité.Jantel Joseph interpelle l’OEALe chef de l’Opposition plurielle, Jantel Joseph, s’est adressé à la délégation interaméricaine et internationale de haut niveau présente en Haïti, avec notamment la participation de l’Organisation des États américains (OEA).Selon lui, une importante proportion de l’électorat risque de ne pas pouvoir participer au scrutin. Il avance le chiffre de 63 %, qu’il associe principalement à la situation dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre.Jantel Joseph soutient que plusieurs zones de ces départements échappent au contrôle effectif des autorités publiques. Il évoque des populations déplacées, des familles ayant perdu leurs maisons et leurs documents, ainsi que l’absence de structures administratives et électorales dans plusieurs territoires.Pour le dirigeant de l’opposition, l’OEA ne devrait pas se contenter d’observer le processus électoral ni de dialoguer principalement avec les autorités gouvernementales. Il demande à l’organisation régionale de prendre en considération les réalités vécues par les populations et les positions des secteurs de l’opposition.Jantel Joseph appelle également les responsables politiques déjà engagés dans le processus électoral à ne pas entraîner la population dans un processus qui, selon lui, ne présenterait pas les garanties nécessaires.« Élection ou sélection ? »Le chef de l’Opposition plurielle s’interroge également sur la portée de certaines déclarations du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant la participation de la jeunesse à la gouvernance du pays.Pour Jantel Joseph, la question fondamentale est de savoir si le pouvoir entend véritablement organiser des élections compétitives ou s’il cherche à mettre en place une forme de sélection politique.Il annonce, dans ce contexte, une mobilisation pour le samedi 22 août, avec pour objectif d’exiger le départ du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et de réclamer une nouvelle formule de gouvernance, notamment un exécutif bicéphale.Réginald Dumé : « Les conditions ne sont pas réunies »De son côté, Réginald Dumé estime également que les conditions actuelles ne permettent pas d’organiser des élections crédibles.Il critique les initiatives visant à encourager les citoyens à s’inscrire sur les listes électorales alors que, selon lui, l’insécurité continue de priver de nombreuses personnes de leurs maisons, de leurs biens et de leurs documents.Réginald Dumé appelle lui aussi à la mobilisation du 22 août pour réclamer le départ du gouvernement.Me Ones Rabèl met en avant les exigences juridiquesLe responsable de la section juridique de l’Opposition plurielle, Me Ones Rabèl, place le débat sur le terrain du droit.Selon son analyse, une action juridique repose sur quatre éléments fondamentaux : la capacité, le droit, la qualité et l’intérêt. L’absence de l’un de ces éléments pourrait, selon lui, entraîner la nullité d’une action.Il établit le même raisonnement pour le processus électoral, qui doit, à ses yeux, réunir trois dimensions indissociables : administrative, politique et juridique.Pour Me Ones Rabèl, ces trois aspects doivent fonctionner simultanément pour garantir la validité et la crédibilité du processus.Jacques Garry interpelle la diasporaLe représentant de la diaspora au sein de l’Opposition plurielle, Jacques Garry, s’en prend pour sa part à plusieurs anciens responsables politiques qu’il accuse d’avoir contribué à la situation actuelle du pays.Il cite notamment d’anciens parlementaires, anciens chefs de gouvernement et anciens présidents, auxquels il attribue une responsabilité dans les différentes transitions politiques ayant conduit à la situation actuelle.Jacques Garry estime que ces acteurs ne peuvent aujourd’hui demander à la population de participer au processus électoral sans répondre, selon lui, aux questions liées à la crise sécuritaire et à la dégradation des conditions de vie.Il appelle également les membres de la diaspora à rester attentifs à la situation des Haïtiens contraints de quitter leur pays et qui, selon lui, ont perdu leurs maisons et leurs biens en raison de l’insécurité.Une opposition qui affirme ne pas rejeter les électionsLes responsables de l’Opposition plurielle insistent sur une distinction importante : ils affirment ne pas être opposés au principe des élections, mais contestent les conditions dans lesquelles celles-ci pourraient être organisées.Leur argument repose principalement sur trois exigences : la sécurité, la possibilité de faire campagne librement et la capacité pour les électeurs d’accéder aux bureaux de vote.Une position similaire avait déjà été formulée lors d’une conférence de presse de l’Opposition plurielle et de l’Opposition progressiste, où les dirigeants avaient affirmé que l’insécurité constituait un obstacle majeur à la réalisation d’un scrutin crédible.Le 22 août, un nouveau test politiqueLa mobilisation annoncée pour le samedi 22 août pourrait ainsi constituer un nouveau test pour l’opposition et pour le gouvernement.Au-delà de la question électorale, le débat porte désormais sur la capacité de l’État à reprendre le contrôle des territoires, à garantir la sécurité des citoyens et à permettre à chaque électeur de participer librement au processus démocratique.Le gouvernement et les autorités électorales sont confrontés à une double exigence : maintenir le calendrier électoral tout en démontrant que les conditions nécessaires à un scrutin inclusif, sécurisé et crédible peuvent effectivement être réunies.SinoTeam Media Info

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