30 septembre 1991-2026

35 ans après le coup d’État, Baniol St-Fort dénonce la crise persistante en Haïti

Port-au-Prince, 30 septembre 2026

Trente-cinq ans après le coup d’État militaire du 30 septembre 1991 contre le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, la situation politique, sociale et sécuritaire d’Haïti continue de susciter de vives réactions au sein de la société civile.

À l’occasion de cette date symbolique, Baniol St-Fort, coordonnateur du Collectif de la société civile de Tabarre (KSST), ne cache pas son inquiétude face à la dégradation de la situation du pays.

Dans une intervention consacrée aux 35 années écoulées depuis le coup d’État, Baniol St-Fort accuse certains dirigeants politiques d’avoir, selon lui, contribué à la dégradation progressive du pays. Il estime qu’au lendemain du 30 septembre 1991, Haïti s’est enfoncée davantage dans une succession de crises marquées, selon son analyse, par l’insécurité, la faim, le chômage, la corruption et le gaspillage des ressources publiques.

« L’État est absent face aux gangs », dénonce Baniol St-Fort

Le coordonnateur du KSST condamne également ce qu’il décrit comme l’absence de l’État face aux groupes armés. Il dénonce la progression des gangs dans plusieurs régions du pays et les conséquences de leurs actions sur la population civile.

Baniol St-Fort va plus loin en mettant directement en cause plusieurs acteurs de la communauté internationale. Il accuse notamment les États-Unis, le Canada, la France, l’Union européenne et les Nations unies de jouer, selon lui, un rôle dans la situation sécuritaire actuelle, tout en affichant une volonté d’aider Haïti.

Selon lui, si la communauté internationale avait réellement la volonté de résoudre la crise sécuritaire haïtienne, les résultats auraient dû être plus rapides.

Il affirme notamment que les autorités connaissent l’emplacement de plusieurs groupes armés et de leurs bases. Il soutient même que certaines d’entre elles se trouveraient à proximité de représentations diplomatiques étrangères.

Ces accusations, formulées par le coordonnateur du KSST, n’ont pas été étayées dans son intervention par des éléments permettant de les vérifier indépendamment.

Le rôle de la FRG également contesté

Baniol St-Fort questionne également le bilan de la Force répressive des gangs (FRG) durant sa présence en Haïti. Il s’interroge sur l’efficacité de cette force alors que, affirme-t-il, les groupes armés continuent de mener des attaques meurtrières dans plusieurs zones du pays.

Il cite notamment Gros-Morne, Saint-Michel-de-l’Attalaye, Marchand-Dessalines et Kenscoff, où la population reste confrontée aux violences et à l’insécurité.

Le responsable de la société civile de Tabarre critique particulièrement l’éventualité d’une prolongation de six mois du mandat de la FRG.

Pour lui, une telle décision constituerait un « irrespect pour le pays et pour la population », compte tenu de la persistance de l’insécurité.

Une date historique qui relance le débat

Trente-cinq ans après le 30 septembre 1991, la commémoration de cette rupture institutionnelle sert ainsi de point de départ à de nouvelles interrogations sur le parcours politique d’Haïti, la responsabilité des acteurs nationaux et internationaux et l’efficacité des différentes réponses apportées à la crise sécuritaire.

À travers sa prise de position, Baniol St-Fort appelle à une réflexion sur les causes profondes de la crise haïtienne et sur les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la recherche d’une sortie de crise.

Par Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO

Contact:(509)3674-3106

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