le GNTB manifeste devant le parquet de Port-au-Prince et réclame l’annulation du décret gouvernemental

Port-au-Prince, vendredi 2 octobre 2026
Le Groupement national des tenanciers de borlette (GNTB) est passé à l’action. Des représentants du secteur des banques de borlette et des jeux de hasard ont manifesté, ce vendredi, devant le parquet de Port-au-Prince, pour exiger l’annulation du décret gouvernemental prévoyant une augmentation des taxes imposées aux opérateurs de ce secteur en Haïti.
À travers cette mobilisation, les tenanciers entendent faire pression sur le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin qu’il revienne sur les dispositions fiscales contestées, qu’ils considèrent comme une menace pour la survie de nombreuses entreprises du secteur.
Parallèlement à la manifestation, les avocats Me Arnel Rémy et Me Vernier Octave ont entrepris une démarche judiciaire en référé contre le gouvernement, dans le but de contester les dispositions du décret et de solliciter l’intervention de la justice.
Lors de cette mobilisation, Me Arnel Rémy a notamment attiré l’attention sur l’article 3 du décret, qui, selon les dispositions qu’il a présentées, impose aux propriétaires de grands espaces une somme de 10 millions de gourdes, tandis que l’obtention d’une licence pour exploiter une banque de borlette nécessiterait le paiement de 6 millions de gourdes.
L’avocat a également rappelé que, lorsqu’un joueur remporte 100 000 gourdes, l’État prélève déjà 5 000 gourdes. Pour Me Arnel Rémy, les nouvelles dispositions risquent de fragiliser davantage les tenanciers, de compromettre la survie de nombreuses entreprises et de provoquer la suppression de milliers d’emplois.
De son côté, Me Vernier Octave, représentant national du GNTB, s’interroge sur la logique de cette nouvelle politique fiscale. Il estime que le gouvernement ne peut ignorer la contribution économique et sociale d’un secteur qui, selon les estimations avancées par les tenanciers, génère plus de 400 000 emplois à travers le pays.
Me Vernier Octave appelle ainsi les tenanciers de borlette de toutes les régions à rejoindre le Groupement national des tenanciers de borlette afin de faire front commun face aux nouvelles dispositions gouvernementales. Il annonce que la mobilisation se poursuivra jusqu’à ce que les autorités comprennent, selon lui, la nécessité de revenir sur ce décret qu’il qualifie de pénalisant pour le secteur.
Les tenanciers mettent en avant leur contribution économique
Pour sa part, Leonel Bien-Aimé, PDG de Fils de Mont-Carmel Lotto, a également exprimé ses préoccupations face aux nouvelles mesures fiscales. Il souligne que l’exploitation d’un réseau de 200 banques de borlette entraîne des responsabilités financières considérables.
Selon ses explications, un tenancier disposant de 200 banques doit notamment assumer les charges liées à 200 locaux, rémunérer plus de 25 directeurs et responsables nécessitant parfois des moyens de déplacement, notamment des motocyclettes ou des véhicules, en plus des emplois directs générés par ses activités. Il estime que son réseau contribue à lui seul à la création de plus de 800 emplois directs.
Il convient de préciser que ces chiffres, tout comme l’estimation de plus de 400 000 emplois attribuée à l’ensemble du secteur, sont avancés par les tenanciers de borlette. Il s’agit d’estimations professionnelles destinées à illustrer le poids économique et social de cette activité, et non de statistiques officielles vérifiées.
Leonel Bien-Aimé estime que le gouvernement doit fournir des explications au secteur sur les motivations de ces nouvelles impositions. Il va plus loin en exprimant ses inquiétudes quant à une éventuelle volonté des autorités de fragiliser les opérateurs actuels pour favoriser la concentration des activités entre les mains d’un groupe restreint de personnes.
Une proposition de médiation à sept membres
Dans le but de trouver une issue à cette confrontation entre l’État et les professionnels du secteur, Leonel Bien-Aimé propose la mise en place d’un comité de médiation composé de sept membres : cinq représentants du secteur des banques de borlette et deux représentants du gouvernement.
Cette structure aurait pour mission d’engager un dialogue entre les deux parties, d’examiner les préoccupations des tenanciers et de rechercher une solution acceptable autour de la fiscalité applicable aux banques de borlette et aux jeux de hasard.
À travers cette mobilisation devant le parquet de Port-au-Prince et leur démarche judiciaire en référé, les responsables du GNTB entendent faire comprendre aux autorités que les décisions fiscales concernant ce secteur ne peuvent être prises sans tenir compte de son poids économique, de ses nombreux opérateurs et des emplois qui en dépendent.
La question reste désormais de savoir si le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé acceptera d’ouvrir un dialogue avec les représentants du secteur ou maintiendra les dispositions contestées du décret.
Rédaction : Sinoïs Francius
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