Éditorial de Sinoteam Media Info

Chaque année, après le 13e mois accordé aux employés de l’administration publique à l’occasion des fêtes de fin d’année, une autre attente revient avec la rentrée scolaire : le fameux 14e mois.
Cette gratification spéciale, même si elle n’est pas une obligation légale, était devenue une coutume attendue par de nombreux fonctionnaires. Pour les employés les plus vulnérables, particulièrement le personnel de soutien, elle représentait une aide importante pour affronter les dépenses scolaires.
Aujourd’hui, le mois d’octobre est déjà entamé et aucune annonce claire ne laisse entendre que cette gratification sera accordée pour l’année académique 2026-2027.
L’État doit regarder cette réalité en face.
Il existe encore des employés de l’administration publique qui touchent entre 10 000 et 12 000 gourdes par mois. Certains sont locataires, d’autres ont plusieurs enfants à charge. Et lorsqu’arrive la rentrée scolaire, la liste des dépenses semble interminable : acte de naissance, inscription, uniforme, souliers, chaussettes, fournitures, nourriture et transport.
Comment un parent qui gagne 10 000 ou 12 000 gourdes peut-il raisonnablement supporter toutes ces charges ?
Pour certains fonctionnaires, le problème n’est donc pas de savoir s’ils pourront offrir à leurs enfants une rentrée confortable. Le véritable problème est de savoir s’ils pourront simplement les envoyer à l’école.
Certains ont déjà recours au crédit. D’autres comptent sur des parents vivant à l’étranger. D’autres encore économisent gourde après gourde. Mais même lorsqu’ils parviennent à payer la première tranche, une autre échéance arrive rapidement.
Voilà pourquoi le 14e mois, malgré son caractère non obligatoire, ne devrait pas être considéré uniquement comme une dépense supplémentaire.
Pour une famille qui vit avec un revenu aussi faible, cette aide peut représenter une bouffée d’oxygène. Elle peut permettre à un enfant d’avoir son uniforme, ses chaussures, ses fournitures et surtout de prendre le chemin de l’école.
Où voulons-nous conduire une société lorsque les parents qui travaillent pour l’État ne disposent même pas des moyens nécessaires pour assurer l’éducation de leurs enfants ?
L’État doit certes tenir compte de ses contraintes budgétaires. Mais il doit également tenir compte de la réalité sociale de ses employés.
Car derrière chaque dossier administratif, chaque bureau et chaque service public, il y a des hommes et des femmes qui ont des familles à nourrir, des loyers à payer et des enfants à éduquer.
Le 14e mois n’est peut-être pas un droit acquis. Mais pour les fonctionnaires les plus modestes, il représente aujourd’hui bien plus qu’une simple gratification : c’est parfois la différence entre un enfant qui retourne à l’école et un enfant qui reste à la maison.
Cette réalité mérite d’être entendue.
Sinoteam Media Info
Éditorial de Sinoïs Francius





