L’ICAP critique le projet de décret électoral et met en garde contre une crise politique

Le parti politique Initiative des Combattants pour l’Avancement et le Progrès d’Haïti (ICAP) a exprimé, vendredi 15 mai 2026, ses préoccupations concernant le nouveau projet de décret électoral envisagé par le Conseil électoral provisoire (CEP). Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, le parti a dénoncé certaines dispositions du texte, notamment l’article 139, qu’il juge susceptible d’aggraver les tensions politiques dans le pays.

Selon le responsable de l’ICAP, Jean Chrisnel Décime, l’adoption d’un nouveau décret électoral pourrait remettre en question plusieurs décisions déjà prises par le CEP, notamment le processus d’enregistrement des partis politiques. Le parti affirme que près de 500 formations politiques sont légalement reconnues en Haïti conformément à la loi du 23 avril 2013 régissant les partis politiques.

M. Décime estime également que la mission du CEP ne consiste pas à créer des divisions ou des conflits entre les organisations politiques, mais plutôt à organiser et superviser des élections libres, transparentes, inclusives et démocratiques sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’au sein de la diaspora haïtienne.

Au cours de cette intervention, il a rappelé que les décrets électoraux ne peuvent, selon lui, remplacer les dispositions prévues par la loi encadrant les partis politiques. Les dirigeants du parti considèrent que le CEP devrait se limiter aux responsabilités définies par la législation en vigueur afin d’éviter toute nouvelle crise institutionnelle.

Le dirigeant du parti a également évoqué les précédents processus électoraux organisés dans le pays depuis les années 1990, estimant que certaines pratiques ont contribué à fragiliser la confiance de la population dans les institutions électorales. L’ICAP affirme que le peuple haïtien reste marqué par plusieurs controverses liées aux anciennes élections.

Concernant l’exigence de 30 mille membres pour l’inscription des candidats, le parti politique s’interroge sur la faisabilité de cette mesure. Selon ses calculs, une telle disposition nécessiterait un nombre d’électeurs largement supérieur aux données publiées récemment par l’Office national d’identification (ONI), qui estimeraient à environ 6,3 millions le nombre de citoyens en âge de voter.

L’ICAP estime aussi que cette mesure risque d’exclure plusieurs partis politiques du processus électoral. Le parti souligne que le CEP n’a pas encore procédé à l’inscription des électeurs, malgré les prévisions contenues dans le calendrier électoral initial, ce qui soulève, selon lui, des interrogations sur l’organisation future des élections.

Le parti a proposé une réorganisation du paysage politique haïtien autour de trois grands blocs idéologiques : la gauche, la droite et le centre. Selon l’ICAP, cette approche pourrait contribuer à réduire les divisions chroniques au sein du système politique haïtien et favoriser une meilleure structuration des partis politiques dans le pays.

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