Le gouvernement haïtien a annoncé, le lundi 4 mai 2026, une revalorisation du salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance, le portant de 685 à 1 000 gourdes par jour.Une mesure présentée comme un geste social, mais qui peine à convaincre dans un contexte de forte inflation énergétique.

La hausse de 46 % du salaire journalier, annoncée par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, lors d’une conférence de presse au siège du FAES, contraste brutalement avec la réalité du terrain. Depuis peu, la gazoline s’affiche à 725 gourdes le gallon, le gasoil à 850 gourdes et le kérosène à 845 gourdes, soit des hausses respectives d’environ 29 % et 37 % pour les produits pétroliers. Ces augmentations renchérissent mécaniquement le coût du transport, de l’alimentation et des biens de première nécessité, érodant une partie du gain salarial annoncé.
Plus révélateur encore, les ouvriers du secteur textile réclamaient un salaire minimum compris entre 2 500 et 3 000 gourdes par jour. En s’arrêtant à 1 000 gourdes, le gouvernement accorde moins de la moitié du plancher revendiqué par les travailleurs eux-mêmes. La mesure, loin de répondre aux exigences syndicales, s’apparente davantage à un compromis a minima qu’à une réforme structurelle du pouvoir d’achat.
Le gouvernement tente d’accompagner cette décision de quelques mesures complémentaires : une enveloppe de 625 millions de gourdes destinée à la protection sociale des ouvriers, des décaissements étalés sur les cinq derniers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, et une réduction du tarif de l’électricité dans la zone du Parc industriel de Caracol, de 30 à 21 centimes le kilowattheure à compter de janvier 2027. Des annonces qui, pour certaines, ne prendront effet que dans plusieurs mois, voire l’année prochaine.
La question demeure entière : dans un pays où le coût de la vie progresse plus vite que les salaires, une revalorisation de 46 % suffit-elle à améliorer concrètement les conditions de vie des ouvriers du segment F ? Les chiffres, eux, plaident pour une réponse nuancée.




