L’OHDLP APPELLE À UN « SURSAUT NATIONAL » EN HAÏTI

Port-au-Prince, 21 septembre 2026
Alors que le monde célèbre le 45e anniversaire de la Journée internationale de la Paix, la question de la paix revêt une importance particulière en Haïti, où la violence, l’insécurité, les déplacements de populations et la fragilisation des institutions continuent de peser lourdement sur la vie des citoyens.
C’est dans ce contexte que l’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP) lance un appel à un grand sursaut national, tout en demandant à l’État haïtien, aux acteurs politiques, au secteur privé, à la société civile, aux médias, à la jeunesse ainsi qu’à la communauté internationale de placer la paix au cœur de leurs priorités.
Pour l’année 2026, les Nations Unies ont retenu le thème : « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour ». Selon l’ONU, la paix ne signifie pas seulement l’absence de violence ; elle concerne également la sécurité, la dignité, l’accès à la justice, les services essentiels, l’éducation et la capacité des citoyens à préparer leur avenir.
Pour l’OHDLP, ce message doit aller au-delà des cérémonies et des déclarations. L’organisation estime que la paix doit devenir un véritable investissement national.
Haïti a besoin de plus que des déclarations sur la paix
Dans le pays, de nombreuses familles continuent de subir les conséquences de la crise. La violence et l’insécurité provoquent des déplacements de populations, perturbent la scolarité, les activités économiques et l’accès aux services essentiels.
L’OHDLP considère que cette situation exige une réponse qui ne se limite pas à gérer les urgences. Pour l’organisation, il faut également s’attaquer aux causes qui alimentent l’instabilité : la fragilité des institutions, l’insécurité, l’injustice, l’impunité, l’exclusion sociale et le manque d’opportunités pour les jeunes.
C’est pourquoi l’OHDLP demande que la paix devienne un objectif soutenu par des actions concrètes et non seulement par de beaux discours.
Pas de paix durable sans justice
L’un des principaux messages de l’OHDLP porte sur le lien étroit entre paix et justice.
Pour l’organisation, il est difficile de construire une société stable lorsque les citoyens n’ont plus confiance dans le système judiciaire ou lorsque l’impunité et la corruption continuent d’affaiblir les institutions.
L’OHDLP réclame une justice indépendante, responsable et accessible à la population. Il demande également que la lutte contre la corruption et l’impunité soit renforcée.
Dans la vision de l’organisation, investir dans la paix signifie aussi investir dans la justice, dans la Police, dans des institutions démocratiques fonctionnelles, dans l’éducation, la santé, l’emploi et la protection sociale.
La jeunesse doit avoir une place dans la reconstruction du pays
L’OHDLP accorde une place importante à la jeunesse haïtienne dans son appel.
L’organisation estime que les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme des victimes de la crise. Ils doivent pouvoir participer à la recherche de solutions et bénéficier des opportunités nécessaires pour construire leur avenir en Haïti.
L’OHDLP encourage les jeunes à s’organiser, à participer à la vie citoyenne et à refuser la banalisation de la violence.
Pour l’organisation, si le pays veut préparer un autre avenir, il doit offrir à sa jeunesse de l’éducation, de l’emploi, de la sécurité et de l’espoir.
La société civile et les médias ont également leur responsabilité
L’OHDLP appelle les organisations de la société civile à rester vigilantes et à poursuivre leur engagement dans la défense des droits humains.
Il encourage ces organisations à documenter les violations, à accompagner les victimes et à participer à la recherche de solutions.
Les médias et les journalistes ont également un rôle important à jouer. Pour l’OHDLP, la liberté de la presse constitue l’un des piliers de la démocratie. Une presse capable de travailler librement peut informer la population, dénoncer les abus et créer des espaces de dialogue.
Un appel aux acteurs politiques et économiques
L’OHDLP demande aux acteurs politiques de placer l’intérêt du pays au-dessus des intérêts particuliers.
Pour l’organisation, Haïti ne peut pas continuer à rester enfermée dans un cycle de crises, de transitions et de solutions provisoires. Le pays a besoin d’institutions fonctionnelles, de transparence, de reddition de comptes et d’une véritable vision nationale.
Le secteur économique a également sa part de responsabilité. L’OHDLP estime qu’il ne peut y avoir de développement économique durable sans un environnement sécurisé.
Investir dans la paix signifie aussi créer des emplois, soutenir les entrepreneurs, renforcer la production nationale et développer les différentes régions du pays.
L’OHDLP appelle la communauté internationale à revoir son approche
L’OHDLP lance également un appel à la communauté internationale afin qu’elle renforce son soutien au peuple haïtien.
L’organisation estime que l’assistance internationale ne doit pas se limiter à la réponse humanitaire. Elle doit également contribuer au renforcement des capacités nationales, au soutien des institutions et à une reconstruction durable du pays.
Dans le même sens, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a souligné la nécessité de rétablir la sécurité et l’autorité de l’État, tout en appelant à faire avancer le dialogue politique, à renforcer la justice et la lutte contre l’impunité et à offrir aux jeunes des alternatives à la violence.
« La Paix est un droit »
Pour l’OHDLP, le moment exige un changement dans la manière dont tous les secteurs considèrent la question de la paix.
L’État doit investir dans la sécurité, la justice et les institutions. Les acteurs politiques doivent privilégier le dialogue. Le secteur privé doit contribuer à la création d’emplois et au développement de la production. La société civile doit poursuivre son engagement dans la défense des droits humains. Les médias doivent continuer à promouvoir une information responsable. Les jeunes doivent trouver leur place dans la construction du pays.
La communauté internationale, de son côté, doit continuer à soutenir Haïti dans une logique permettant au pays de renforcer ses propres capacités.
Pour l’OHDLP, la paix ne peut pas être construite par une seule institution. Elle exige la participation de tous.
À l’occasion de cette 45e Journée internationale de la Paix, l’organisation lance ainsi un appel à un sursaut national, à une prise de conscience citoyenne et à un retour sur le chemin de la confiance, de la solidarité et de la responsabilité collective.
Le message de l’OHDLP est clair :
La paix n’est pas un luxe.
La paix n’est pas une promesse électorale.
La paix n’est pas seulement une affaire de diplomates.
La paix est un droit.
La paix est une responsabilité.
La paix est un investissement.
L’OHDLP croit qu’une autre Haïti est possible : une Haïti où les citoyens peuvent vivre sans peur, où les institutions fonctionnent, où la justice protège les citoyens, où les jeunes peuvent construire leur avenir dans leur pays et où la liberté de la presse est respectée.
À un moment où la question de la paix demeure un défi majeur pour le pays, l’appel de l’OHDLP est de voir tous les secteurs se mobiliser pour choisir le dialogue plutôt que la violence, la justice plutôt que l’impunité, la démocratie plutôt que l’exclusion et la reconstruction plutôt que la destruction.
« La Culture de la Paix, ça nous concerne tous ! »
Pour authentification :
Alex CALAS
Journaliste, Analyste sociopolitique, Défenseur des Droits Humains
Directeur Exécutif OHDLP
Rédaction : Sinoïs Francius
Production : SINOTEAM MEDIA INFO
Contact; +(509)36743106





